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Publié le 7 février 2015
«Je suis heureux, demain je pars»

«Je suis heureux, demain je pars»

Julien est venu me dire au revoir ce mardi... Il résidait sur Clermont et gravitait autour de l'atelier d'écriture, sans jamais oser me donner ses feuilles. Il est arrivé, souriant, et m'a tendu son texte que voici... Julien a 20 ans, perdu sa maman, et son papa a disparu...

Illustration - «Je suis heureux, demain je pars»
Je suis heureux, demain je pars.

Cela fait six mois que je suis dans la galère à Clermont-Ferrand. J'ai décidé de venir m'y installer pour une fille que j'aimais et qui m'a pris pour un con. À mon arrivée, j'ai passé une semaine complète dans la rue, jour et nuit. Il faisait froid, je n'arrivais pas à dormir. Tous les jours j'appelais le 115 dès 9 heures mais sans jamas avoir de place au chaud. Ensuite, j'ai eu des hébergements qui changeaient chaque semaine. J'ai été embauché par les Restos du cœur comme bénévole un peu par hasard. En fait, parce que j'ai oublié mon sac. En revenant le chercher, des bénévoles m'ont proposé de les aider. J'avais justement besoin d'une activité pour me changer les idées après le décès de ma mère, alors j'ai accepté.

J'ai d'abord commencé par trier la marchandise et à les noter sur les registres, ensuite j'ai été à la distribution. Comme je suis jeune, on m'a embauché sur la promotion d'un concert organisé par les Restos. J'ai été responsable de six personnes pour la distribution des flyers pendant une semaine. 130.000 flyers. Et le concert a permis de récolter 990 euros. Et puis, grâce à ça, je me suis fait des potes, j’ai même pu draguer, je me suis éclaté.

Pendant mon bénévolat aux Restos , j'ai aussi pu faire le bus, c''est-à-dire distribuer les repas et même gérer certaines disputes ou conflits.

Mais demain, je pars, et je suis content parce que finie la galère. Je ne serai plus dans la rue. Je m'en vais vivre chez ma grand-mère. elle a repris contact avec moi. Après le décès de ma mère, on s'était fortement éloignés. Elle m'a directement proposé de venir la rejoindre mais je voulais prendre le temps de réflechir. J'ai décidé de dire oui, je préfère vivre avec elle, même si je lui en veux encore, plutôt que de continuer à dormir dehors.

Donc , demain, je pars...


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