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Publié le 5 février 2015
La BCE déclare la guerre à la Grèce... en lui coupant les vivres !

La BCE déclare la guerre à la Grèce... en lui coupant les vivres !

Brève de Yéti

Draghi vs Varoufakis

On sentait que ça venait, que ça allait forcément être du quitte ou double. Une négociation sur la dette imposée par les nouveaux gouvernants insolents de Syriza. Ou la rupture bête et brutale décrétée par les dirigeants humiliés de l'Union européenne. Ce fut la rupture. Décidée par les derniers.

La BCE vient de fermer brutalement le robinet à liquidités à destination de la Grèce en cessant d'accepter les titres grecs comme collatéraux. On murmure que c'est sous injonction de la banque centrale allemande (Bundesbank), mais qu'importe ? La guerre est déclarée. Pouvait-il en être autrement ?

Le problème c'est de savoir qui va gagner ce bras de fer. Le président du Parlement européen, Martin Schultz avait cru devoir avertir le ministre grec des finances :

« La Grèce court le risque de la banqueroute. »

Celui-ci, Yanis Varoufakis, avait aussitôt répliqué :

« Mais, Monsieur Schultz, la Grèce est DÉJÀ en banqueroute ! »

Nous en sommes là. La confrontation est à son comble. Elle était prévisible. Mais qui est le plus menacé, de celui qui croit détenir l'argent du pouvoir, ou de celui qui, faute de ne plus rien avoir, n'a plus rien à perdre ?

Les jours qui viennent vont être décisifs pour l'avenir de la Grèce, mais aussi de l'Europe, et de tout le système. Par sa décision agressive, la BCE est tout bonnement en train d'essayer de pousser la Grèce en dehors de la zone euro . Mais en provoquant la rupture, comme le souligne la Tribune, la BCE prend l'incroyable risque de provoquer une formidable panique bancaire.

David contre Goliath ? N'est-ce point David qui finalement l'emporta ?

Lire > Le coup d’État financier de la BCE contre la Grèce


EDIT : la nuit portant conseil, voilà que de vilaines questions me viennent en tête :

-* Et si la BCE avait privé la Grèce d' une aide dont celle-ci ne voulait de toute façon plus (remember les 7 milliards de la Troïka refusés par Varoufakis) ?

-* Et si la BCE, en déclarant la guerre financière à la Grèce, lui facilitait plutôt une sortie honorable de l'euro en forçant Tsipras à réquisitionner la Banque centrale de Grèce (idée défendue par Jacques Sapir) ?

-* Et si « le coup d'État financier de la BCE contre la Grèce » n'était finalement qu' une manifestation d'impuissance agressive , une manière de se tirer bêtement une balle dans le pied en poussant un pays membre au défaut, donc à l'arrêt du remboursement de sa dette ?

D'ailleurs la réponse du berger grec à la bergère de Francfort n'a pas tardé :

« La décision mercredi soir de la BCE de priver les banques grecques d'une de leurs sources de financement n'aura pas de répercussions négatives sur le secteur financier du pays, qui reste totalement protégé grâce aux autres canaux de liquidités toujours disponibles » (ministère grec des Finances).


Photos : AFP

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