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Publié le 28 mars 2015

Défense de l'abstention (2)…

…et des abstentionnistes

On prête à Cambadélis, deuxième Premier secrétaire de l'ère Hollande, désigné après le fiasco du premier, devenu ministre (c'est ça le solférinisme 1 : t'es un mauvais, on te promeut, prends ce petit maroquin pour ta peine ; oh, pas grand chose, l'Europe, de toutes façons les choses sérieuses ne se règlent pas à ton niveau), on lui prête donc, au danseur de tango sur le retour, une fois gagné son congrès (formalité) l'intention de renouer les fils des ex-partenaires de feue l'union de la gauche.

C'est un assez bon mécanicien, rompu à la manœuvre. Et chacun juge, à commencer par un président de la République qui ne pense qu'à sa réélection, que ce rabibochage est indispensable, si on ne veut pas revivre le cauchemar d'avril 2002…

Tous derrière Flanby, seul candidat " de gauche ", paré pour affronter au deuxième tour la montreuse d'ours du FN, qui sera forcément qualifiée, on a tout fait pour ça, en suivant la bonne vieille recette à Tonton (notons que c'est très précisément le même calcul qui est fait dans la boutique voisine par le joueur de pipeau qui a recouvré sa patente)…

Mais voilà, 2017 va arriver vite et la tâche s'annonce ardue, dans un pays en pleine déprime, à qui l'on n'a rien à présenter en matière de bilan et rien à offrir que de nouvelles promesses frelatées; et où, dans le système institutionnel modèle 58 modifié 62 hérité du Général (et de Michel Debré), seule compte l'élection majuscule (celle du Président) au suffrage universel, si bien qu'une formation politique, quelle qu'elle soit et de quelle que couleur, se doit pour exister d'avoir son candidat 2.

Imagine-t-on, d'ici deux ans, même après moult marchandages, quelques distributions de sucettes et de prébendes, quelques débauchages d'écolos aux dents longues, d'alternatifs marginaux, voire de cocos en fin de carrière pour entrer dans le prochain gouvernement (celui qui suivra la nouvelle déroute de ce dimanche et celle du suivant : l'élection des présidents des Conseils), imagine-t-on un président Hollande, plus Pépère que jamais, montant au combat contre un Sarkozy ayant terrassé ses rivaux et une Marine Le Pen souveraine en son royaume, sans concurrence sur son flanc gauche, ayant rallié à son panache gris sale tout ce qui se sent porteur, plus ou moins légitimement —de Mélenchon à Duflot en passant par Autain et quelques autres— d'une vocation à renverser la table ?

Ce serait rêver tout debout, non?

(A suivre)


  1. Remarquez, dans le camp d'en face c'est pareil … 

  2. Qui peut être, il va de soi, c'est même assez tendance, une candidate… 


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