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Publié le 13 juillet 2015

Derrière le "beau temps" célébré, la presse ne voit même pas une grave sécheresse

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Obsédé par le tourisme et les vacances et en oubliant que seuls 41 % des Français peuvent en prendre, le concert médiatique dominant célèbre à l’envi le « beau temps ». Lequel pour le journaliste et le commentateur citadin s’oppose simplement au mauvais temps, c'est-à-dire à la pluie. Autrement dit une calamité. Hors du soleil point de salut et pour un peu la glose politique dominante mettrait les journées ensoleillées au compte de l’action du Président. Problème : derrière le soleil dominant supposé favoriser la reprise économique et les marchands de glaces, il y à la sécheresse…Les gens de la ville ignorent désormais la nature.

Certes, les incendies de forêts ou de culture qui commencent vont certainement réveiller un peu l’intérêt médiatique mais cela ne sera qu’un écran de fumée dissimulant des images spectaculaires qui ne coutent pas cher. Alors que l’essentiel est évidemment ailleurs ; un ailleurs qui ne fait pas partie de la préoccupation journalistique : il ne pleut pratiquement plus depuis des semaines et une grande partie du pays est en état de grave sécheresse, une sécheresse qui se lit dans les terres devenues poussière; tandis que les producteurs de maïs de France et de Navarre continuent à arroser leurs champs aux heures chaudes de la journée.

Partout la végétation souffre et des arbres meurent sur pied, foudroyés par la chaleur et la sécheresse combinées. D’autres disparaitront dans quelques années, victimes d’un stress qu’ils auront en apparence supporté. Dans les jardins ouvriers les légumes et les fruits se racornissent et crèvent, en dépit des arrosages quand ils sont possibles : des centaines de milliers de personnes sont en train de perdre tous les produits qui leur permettent de faire face au chômage, au temps partiel et aux pertes de pouvoir d’achat et de manger autre chose que des nouilles à partir du 20 du mois. Une catastrophe silencieuse qui va de pair, en plus, avec une hausse des prix des produits frais dont la plupart sont pourtant arrosés à grands frais avec l’eau pompée dans les nappes et les rivières exsangues.

L’air chaud et la totale absence de pluie sur une grande partie du territoire a déjà provoqué l’assèchement de nombreuses mares et étangs, privant d’eau des dizaines de milliers d’oiseaux et des millions de petits mammifères ; d’autant plus que le niveau des fleuves baisse rapidement et que des centaines de petites rivières ont cessé de couleur ou bien n’offrent plus qu’un filet d’eau tiède impropre à la vie aquatique. Les amphibiens rescapés des pesticides meurent sous le soleil dans les herbes brulées. Au pont de Gien, la station de référence du niveau de la Loire, le fleuve est en dessous du « minimum vital » depuis deux semaines et le ministère de l’Ecologie prépare discrètement des arrêtés permettant aux centrales nucléaires situées le long du fleuve de relever le niveau de concentration de radioactivité dans les eaux rejetées après refroidissement. Tous les grands fleuves sont à leur étiage minimum et les algues vertes y prolifèrent aussi rapidement que sur le littoral de Bretagne.

L’effondrement de la vie naturelle, qu’il s’agisse de la végétation ou des animaux entraine une hécatombe dont l’écho ne parvient pas dans les rédactions puisque l’essentiel est qu’il « fait beau ». En attendant le vote, une nouvelle fois repoussé, d’une loi fantôme qui vient d’être vidée de sa substance par les sénateurs à l’écoute de tous les lobbies, la biodiversité est donc une fois de plus gravement touchée. Ce qui laisse tout le monde indifférent. Sauf les agriculteurs, les petits maraichers et les fournisseurs des Amap. Ils sont les seuls, avec les amoureux de la nature et les jardiniers, à s’apercevoir que sous le soleil célébré comme une bénédiction, la malédiction du réchauffement climatique et de la sécheresse est déjà présente. Mais il est vrai que depuis les bureaux climatisés, il n’est pas facile de s’en apercevoir et que l’important, c’est le soleil sur la plage tandis que les golfs restent bien verts…


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