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Publié le 15 septembre 2015
Chaos : les maîtres de l'Empire occidental en pleine débandade

Chaos : les maîtres de l'Empire occidental en pleine débandade

Ils ne savent plus où donner de la tête. Devant le chaos grandissant, les maîtres du vieil Empire occidental sont tout bonnement en train de perdre pied.

Réfugiés : François Hollande décide... de bombarder la Syrie !

En temps normal, leurs deux seules préoccupations sont 1/ de faire le job, le temps de leur mandat, pour le système qui les engraisse ; et
2/ de tenter d'assurer autant que faire se peut leur réélection ou leur reclassement. Mais voilà que la machine se dérègle et que plus rien ne marche comme ils l'espéraient.

Comme des insectes affolés

-* David Cameron , sonné par la montée en puissance des indépendantistes écossais (ceux-là préparent un second référendum sur l'indépendance de leur pays) et l'arrivée impromptue du trublion Jeremy Corbyn à la tête du parti frère travailliste (c'est dire si la "reprise" britannique est fructueuse !), tente de donner le change par une virée approximative au Liban.
« Certains pensent que Dave voulait plutôt être vu au Liban que d'y voir des réfugiés » (Robert Fisk).

-* Angela Merkel , après avoir généreusement ouvert ses bras de Walkyrie aux réfugiés déshérités, se voit contrainte, devant le flot, de dresser -- Raus, Schengen ! -- des contrôles à ses frontières, comme ses voisins autrichiens ou hongrois ou slovaques ou tchèques ou polonais...

-* François Hollande , ne sachant plus à quels saints du monde d'avant se vouer, décrète à tout hasard l'impérieuse nécessité de frappes françaises en Syrie, c'est-à-dire exactement l'action imbécile qui amplifiera à la folie les déferlements migratoires.

-* Barack Obama , étoile finissante ne sachant plus trop bien comment se distinguer, vient royalement de demander à son équipe « d’accepter au moins 10 000 réfugiés lors de la prochaine année fiscale ». À titre de comparaison, l'Union européenne tente d'en contenir le nombre à 160 000 et l'Allemagne évoque déjà ouvertement la barre du million.

-* Enfin, les dirigeants européens , lors de leur réunion déjà bien tardive du lundi 14 septembre, ont bien évidemment décidé de ne rien décider du tout, surtout pas des quotas de répartition des nouveaux arrivants, et de reporter le traitement commun du problème posé par les migrations au 8 et 9 octobre prochain...

« Lundi soir, l'Europe s'est une nouvelle fois couverte de honte » (Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand).


Le chaos déferle désormais au cœur de l'Empire

Le chaos migratoire n'est bien sûr qu'un nouvel avatar de toute une série de fiascos généralisés :

-* fiasco géopolitique : en voulant éliminer pour de sombres prétextes les trois dirigeants qui s'opposaient à leurs sombres desseins au Moyen-orient (mais qui préservaient, même à leur manière un peu rude, l'équilibre de la région), les maîtres de l'Empire ont fait le lit de l'État islamique, qu'aucun de leurs bombardements ne parvient à endiguer ;

-* fiasco politique : si les trois dirigeants détrônés n'étaient guère avenants, que dire des tristes baudruches censées représentées ce qui reste de cette démocratie qu'ils sont en train de saccager ?

« Je pense qu'il ne reste plus rien de la démocratie» (Jean-Pierre Chevènement, France culture, 14 septembre).

-* fiascos économiques, humanitaires et climatiques pour terminer, et qui ne sont pas pour rien, eux non plus, dans le déclenchement des vagues migratoires, tant aux périphéries de l'Empire qu'en son sein (combien de migrants grecs, ukrainiens, californiens contraints de quitter leur terre natale pour fuir l'enfer ? ).

Le fait nouveau apporté par la vague migratoire en cours est qu'avant d'être un ferment dans l'édification du monde d'après, elle est en train de propager au cœur même de l'Empire le chaos que ce dernier a semé chez eux. Car plus rien, plus aucune armée, plus aucune frontière de barbelés, plus aucun camp de "rétention" (évitons pudiquement les appellations de "détention" ou de "concentration") et surtout plus aucun de nos lamentables maîtres d'Empire ne sauraient l'arrêter.


Photo : AFP/Philippe Wojazer

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