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Publié le 22 septembre 2015
Sapir, Todd, Onfray : le non de gauche redonne de la voix

Sapir, Todd, Onfray : le non de gauche redonne de la voix

C'est dans le Figaro que ça se passe : Thomas Guénolé, politologue et maître de conférence à Sciences Po, y note dans une interview « le retour en force de la gauche du non ».

Illustration - Sapir, Todd, Onfray : le non de gauche redonne de la voix

Thomas Guénolé cite les noms les plus emblématiques des "nonistes" obstinés : Jacques Sapir, Emmanuel Todd, Michel Onfray.

« Le "Non de gauche" a été repoussé en France dans les limbes du débat public, du paysage politique, et du paysage audiovisuel. Voici dix ans en effet qu'en France, les intellectuels, éditorialistes et économistes qui défendent les idées du "Non de gauche", et qui obtiennent d'être significativement médiatisés, se comptent au total à peine sur les doigts des deux mains. Pourtant, lors du référendum de 2005, selon un sondage de TNS Sofres et de Gallup, le "Non" à la Constitution européenne, en particulier à son programme économique, avait fait 70% des voix chez le "peuple de gauche". »

Après dix ans de purgatoire, poursuit Thomas Guénolé, voici que le non de gauche redonne puissamment de la voix. Et comme en 2005, sans souci du récent coup d'État commis par l'Eurogroupe en Grèce, les partisans acharnés du "oui", de Manuel Valls à Laurent Joffrin, du Monde au Nouvel Obs, de l'UMP au PS, crient à la régression et y ajoutent le chapelet habituel des imprécations en -iste : complotiste, confusionniste, populiste, poutiniste...

Se réapproprier les fondamentaux socio-économiques

Chose plus étonnante, certains membres d'une certaine gauche de la gauche, pourtant partisans déclarés du "non" en 2005, ne sont pas loin de joindre leurs voix indignées à la meute mainstream contre les "souverainistes". Et d'essayer de donner le change en lançant "un plan B pour une autre Europe". Comme si, avec sa Troïka, sa BCE et sa bande d'autocrates à la Juncker, on pouvait encore espérer changer "l'Europe" de l'intérieur !

Les "nonistes" de retour font-ils le jeu du FN, comme le hurle toute la diasporama du paysage politique et médiatique mainstream ? Non, répond Thomas Guénolé :

« Être de gauche et dire qu'il faut sortir de l'euro pour ne plus se voir interdire les relances monétaires keynésiennes, ce n'est pas faire le jeu du FN. C'est, au contraire, enrayer la dynamique du FN, en faisant que la gauche se réapproprie ses propres fondamentaux socio-économiques. »

Prendre date

Le grand problème du non de gauche, c'est bien évidemment son absence d'expression politique à gauche. La capitulation d'Alexis Tsipras en Grèce et les atermoiements des multiples composantes du Front de gauche sur la question européenne ne sont pas là pour clarifier les choses.

Face à l'absence de visibilité politique, une réaction de la société civile, demeure bien incertaine à l'heure actuelle. Comme d'habitude, c'est probablement une fois survenue la catastrophe que la collectivité se trouvera contrainte de réagir.

Le grand mérite du retour de la gauche du non est au moins de prendre date en posant les fondations d'une reconstruction.


=> Lire {{[l'interview de Thomas Guénolé->http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/21/31001-20150921ARTFIG00338-onfray-sapir-le-retour-en-force-de-la-gauche-du-non.php]}} dans le Figaro.

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