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Publié le 29 juin 2016

Pour nous, c'est toujours NON !

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Après plus de deux mois d’interruption – très indépendante de notre volonté – nous reprenons ici le cours de ce blog sur l’ESS en faisant un point sur l’actualité récente de l’ESS ou ses perspectives à court et moyen terme.

« ESS et Loi Travail : Pour nous aussi c’est NON ! »

Tel était le titre de notre dernier billet publié sur ce site.

Près de trois mois après nous ne pouvons que confirmer notre option à l’heure où le front syndical et le mouvement social, loin de s’affaiblir, s’est renforcé.

Les sept organisations initiales (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont été rejointes sur le fond par la CFE/CGC qui par la voix de son nouveau secrétaire général François Homméril a exprimé son refus du texte tel qu’imposé à l’Assemblée Nationale par le recours à l’article 49-3, même si son organisation ne rejoint pas le mouvement de protestation.

http://www.cfecgc.org/actualite/tout/loi-travail-la-cfe-cgc-maintient-sa-position/

Plus encore, les sondages les uns après les autres montrent qu’une large majorité des Français (près des deux tiers dans certaines études) soutien ce mouvement malgré une offensive politico-médiatique de désinformation sans précédent et une manipulation des peurs et de la violence très inquiétante du point de vue démocratique.

Pascal Santoni dans son blog sur Médiapart écrit :

« Mais voilà il est de plus en difficile pour les faiseurs d'opinion de manipuler les esprits. Mercredi France 3, en présence de Philippe Martinez, invité, affiche les résultats d'un sondage "prémâché" auprès des téléspectateurs après un flot d’images des affrontements entre casseurs et police : « Débordements, violences, faut-il interdire les deux prochaines manifestations ? ». Manipulation encore. Mais plus de 20 000 réponses et un résultat qui laisse sans voix le présentateur : 61 % répondent non, ce que confirme un sondage Tilder-LCI-OpinionWay : plus de six Français sur dix (64%) estiment que «face aux mouvements sociaux», le gouvernement «doit retirer» le projet de loi travail. »

https://blogs.mediapart.fr/pascal-santoni

Dans cette résistance où en sont les dirigeants de l’ESS ?

Si l’on s’en tient à l’Union des Employeurs de l’ESS (UDES) qui représente une large part des entreprises de l’ESS, notamment associatives, celle-ci semble avoir choisi son camp puisque le 25 mai elle a signé un très agressif communiqué commun avec le MEDEF et d’autres organisations patronales ou libérales pour dénoncer les grèves

http://www.udes.fr/actualites/communique-de-presse-commun

Cette prise de position qui répond à une logique « patronale » sans prise en considération des valeurs et de l’histoire de l’ESS a été, heureusement dénoncée par plusieurs dirigeants et mouvements de l’ESS.

Ainsi Jean-Paul Benoît président de la fédération des Mutuelles de France écrit :

« C’est avec effarement et colère que j’ai découvert aujourd’hui le communiqué de presse relatif aux mobilisations sociales en cours publié par l’UDES avec les organisations patronales. Nous refusons que le mouvement mutualiste puisse être associé à des prises de position aussi réactionnaires et violentes envers les syndicalistes et les salariés. »

Le Mouvement pour l’Economie solidaire, le Collectif des Associations Citoyennes, le Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne (MRJC , Culture et Liberté et d’autres groupements et entreprises de l’ESS ont tenu eux aussi à se démarquer d’un engagement très problématique.

On peut considérer les aspects les plus intéressants du texte comme le fait Hugues Sibille à propos du Compte personnel d’activité.

http://www.lelabo-ess.org/et-l-emploi-dans-tout-ca.html

On peut entendre que des employeurs de l’ESS se considèrent en difficulté devant tel ou tel aspect du droit du travail ; on sait la fragilité que présentent bien des TPE confrontées à une décision prud’homale.

Mais l’ESS doit se rappeler avant tout qu’elle est constituée de « sociétés de personnes » ; que ces personnes sont dans leur immense majorité des salariés, des retraités, des sans-emplois ; que les « employeurs » de l’ESS (élus et salariés) en sont les « mandataires » et non des « patrons » au sens où on l’est au sein du MEDEF. A ce titre ses organisations d’employeurs doivent marquer sinon leur soutien du moins leur compréhension à l’égard des luttes des salariés et non les condamner brutalement en mauvaise compagnie.

En s’affichant avec le MEDEF, l’UDES -qui pense ainsi « gagner » enfin sa représentation- ne fait qu’ajouter à l’illisibilité au sein de la société de l’ESS.

Elle le fait en un temps où, tout au contraire, devant le désastre économique, social, environnemental et démocratique du néo-libéralisme l’ESS pourrait aux côtés de services publics refondés, représenter une alternative sociale et durable.


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