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Publié le 8 septembre 2016
« La photocopieuse m'a lâchée... »

« La photocopieuse m'a lâchée... »

Lana*, professeur d'anglais de 25 ans, relate sa première rentrée en tant que titulaire dans un collège de REP + en Seine-Saint-Denis.

Mercredi 8 septembre

J'ai pris du retard dans mon planning de travail, je me suis couchée vers 1h du matin après avoir plutôt bien préparé mes cours du lendemain. Arrivée au collège à 7h40. Cinq collègues font la queue devenant la photocopieuse. 7h45, la photocopieuse s'arrête. C'est un peu la panique... Mais une collègue parvient à régler le problème… Sans manuel, la photocopieuse, c'est un peu notre assistante indispensable.

8h10, les petits 6èmes découvrent la salle, il s'agit en fait de la salle d'espagnol. Je n'ai pas eu le temps de décorer et d'y ajouter des éléments anglophones. Les élèves sont donc assez perplexes. J'aurais préféré, moi aussi, avoir ma propre salle, mais la seule qui était disponible n'avait pas de connexion internet. Je me retrouve donc dans trois salles différentes cette année. Après avoir répondu aux plusieurs "Madame, on va faire de l'espagnol avec vous ?", je me rends compte que l'ordinateur ne fonctionne pas. Cela veut dire que je ne peux pas projeter l'image qui était censée servir de support de discussion à ce cours. Cela veut aussi dire que je ne peux pas passer le fichier audio qui accompagne cette image. Cela veut dire enfin que je suis seule devant les élèves, sans support, et que les cours préparés avec soin jusqu'à tard hier n'ont servi à rien…

Il ne me reste plus qu'à improviser. Ce que je fais pendant toute l'heure. « Aujourd'hui, nous allons travailler autour des jours de la semaine et de la manière de se présenter… ». Ce n'était pas prévu mais ils ont l'air contents. Ce qui est bien avec les jeunes élèves de 6ème, c'est qu'ils ne se rendent pas trop compte de la panique qu'il peut y avoir dans les yeux du prof, ils ne voient que le sourire figé et un semblant de confiance en soi. Ils n'y ont vu que du feu.

Pour les 4èmes, c'était un peu plus compliqué car les élèves étaient également censés parler à partir d'une image projetée sur le tableau. J'en ai fais des photocopies mais c'était beaucoup moins clair au niveau de l'illustration. Et, surtout, c'était plus difficile de concentrer l'attention de tout le monde sur le même point de détail. Demain, je prendrai mon ordinateur portable.

*Le prénom a été modifié

Lire épisode 7 >> Ne pas avoir peur du « 9-3 »

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Photo : JEFF PACHOUD / AFP.

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