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Publié le 25 mars 2018

Les oiseaux se cachent pour mourir et tout le monde s'en fout....

Les scientifiques donnent l'alarme sans émouvoir l'opinion et les politiques

Les études publiées par le Muséum National d’Histoire Naturelle et le CNRS viennent de confirmer une situation que les observateurs de la nature au quotidien remarquent depuis des années : les oiseaux vivant sur le territoire français disparaissent de plus en plus rapidement. Comme un symbole des dégâts sur la biodiversité en France et dans le monde. Une réalité que le GIEC, Groupe d’experts Intergouvernementale sur l’Etude du Climat, ont souligné à la mi-mars au cours de leur dernière réunion : les dérèglements climatique et l’usage incontrôlé des pesticides et des insecticides sont en train de détruire la nature, les espèces et les écosystèmes.

Les oiseaux désertent mon jardin

Dans mon jardin, cela fait plusieurs années que je ne n’aperçois plus de chardonnerets, que les pinsons ont pratiquement disparus, que les linottes, les verdiers, les rouges-gorges, les troglodytes, les rouges-queues, les grimpereaux qui venaient débarrasser un tilleul de ses larves d’insectes, les grives, les fauvettes, se font de plus rares. Quant aux moineaux, ils résistent plus efficacement à la campagne qu’en ville, mais ils sont moins nombreux sur les points de nourrissage avec lesquels je tente avec plus ou moins de succès, de sauver les oiseaux en perdition. Et je n’oublie pas les oiseaux retrouvés morts et les hirondelles qui ont déserté leur nid dans la grange depuis sept ans…

Chaque année désormais, je découvre des nids abandonnés, avec ou sans œufs, parce que le couple d’oiseaux a disparu, épuisé par le manque de nourriture, qu’il s’agisse de graines ou d’insectes. Car la disparition de ces insectes que les automobilistes se réjouissent de ne plus trouver collés sur leurs pare-brises, est la plus efficace des tueurs d’oiseaux. Parce que ces insectes sont éliminés par les produits répandus sans retenue par des agriculteurs intensifs et aussi hélas par des jardiniers amateurs ne supportant pas le vol d’un moucheron ou d’un moustique. Marqueur de cette disparition organisée par l’homme : la raréfaction des papillons. Toutes ces bestioles qui, comme les abeilles également éliminées, contribuent à la pollinisation des arbres fruitiers et de nombreux légumes. Les insectes sont également décimés par les brusques variations de températures printanières liées au désordre climatique.

Oiseaux morts et nids désertés

Alors, quand fidèles à leurs habitudes les oiseaux arrivent de leurs migrations depuis le Sud de la France ou des pays d’Afrique, ils doivent faire face à un manque de nourriture qui les éliminent lorsqu’ils arrivent dans mon jardin, leurs réserves épuisées par leurs voyages. Même les plus gros ont du mal à résister aux privations : à la fin du mois de février, j’ai vu des grues cendrées arrêtées sur un banc de sable de la Loire, incapables de reprendre leur périple vers le Nord tant elles étaient épuisées par le manque de nourriture. Même tragédie pour quelques cigognes privées des mollusques, des petits poissons et des batraciens qui font leur ordinaire. Car le recul de la biodiversité, touche également ces petits animaux auxquels nous ne prêtons guère attention parce que nous ne les voyons pas dans la nature…

Dans notre un univers où la moindre grande surface qui nous offre des dizaines de variétés de gâteaux, de nouilles ou de plats cuisinés, tous plus ou moins nocifs pour notre santé, nous ne prêtons aucune attention à la chute du nombre et aux espèces d'oiseaux assassinés par notre mode de vie et l’exploitation et la pollution de notre environnement.

Combien de politiques connaissent le oiseaux ?

Mais la nature, dans les gouvernements de technocrates qui nous gouvernent, combien de ministres et de hauts fonctionnaires ont déjà observé les oiseaux ? Combien connaissent leurs noms et leur mode d’existence ? Mais parmi les citoyens des villes combien savent que leurs modes de vie et de consommation tuent les oiseaux et d’autres espèces sauvages ? Combien s’indignent du sort des ours blancs, des dauphins, des baleines ou des requins, en oubliant qu’ils ne constituent qu’une part infime de la biodiversité menacée par les pollutions, les dérèglements climatiques et les destructions ?

En fait passé un fugace remords de quelques jours, lorsque les scientifiques donnent l’alerte, la plupart des Français, comme les politiques, se foutent de la chute des populations d’oiseaux et de la microfaune qui les nourrit. Passé les vagues craintes sur le réchauffement climatiques nous retournons, politiques et citoyens unis dans la même indifférence, à nos modes d’exploitation de la nature….


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