Des clés pour redémarrer
En région parisienne, le Village de l’espoir accueille des personnes sans domicile et leur offre un toit de transition entre la rue et un logement autonome. Visite des lieux.
dans l’hebdo N° 967 Acheter ce numéro

Cela commence à devenir une habitude. Un brave berger allemand, l'air tout apeuré, vient d'atterrir aux portes du Village de l'espoir, conduit par une bonne âme convaincue qu'il appartenait à l'un des résidents. Manque de chance, il ne fait pas partie de la dizaine de canidés arrivés ici avec leur maître, un beau matin de mars.
Ils sont actuellement cinquante-quatre ex-galériens de la rue à occuper la trentaine de bungalows flambant neufs répartis le long d'allées proprettes, tout près de la gare RER de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
Xavier Frison
Ouvert depuis six mois, le village est tenu par Jacques Deroo, surnommé « le maire » par son équipe. Un éducateur spécialisé au parcours singulier [^2], gouailleur, passionné, provocateur aussi, qui n'hésite pas à aller au contact pour faire régner l'ordre : « Le premier mois, c'était la pagaille. Il a fallu que j'utilise la violence qu'ils utilisaient contre moi pour leur faire comprendre comment ça fonctionnait ici. Je ne suis pas mère Térésa » , explique-t-il, goguenard, entre deux bouffées de cigarette, un blouson de type treillis militaire sur le dos. L'observateur avisé confirmera en effet sans mal la différence de style entre les deux personnages !
Côté coeur et engagement, Deroo et les treize autres salariés du village peuvent cependant en remontrer à beaucoup. Car pour voir le projet sortir de terre, il a fallu être tenace. Sur le bureau des ministères depuis 1989, le
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