Surprises électorales

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Contredisant toutes les prévisions (mais quelles prévisions ?), les électeurs marocains n'ont pas confirmé le raz de marée annoncé des islamistes du Parti de la justice et de développement (PJD), aux législatives du 7 septembre. La surprise est même venue du bon score de l'Istiqlal, vieux parti nationaliste pourtant accusé de toutes les allégeances et de toutes les corruptions. Celui-ci a obtenu 52 sièges sur 325 (4 sièges de mieux qu'en 2002) contre 47 au PJD (qui progresse de 5 sièges). Mais le principal perdant est l'Union socialiste des forces populaires (36 sièges contre 50 auparavant), qui fait partie avec l'Istiqlal de la coalition gouvernementale sortante.

À noter le bon score du Mouvement populaire (berbériste), qui remporte 43 sièges. Mais l'essentiel est sans doute ailleurs : dans un taux d'abstention record de 63 % ! Ce qui relativise l'enthousiasme de Nicolas Sarkozy qui s'est empressé de féliciter le roi Mohammed VI pour la « vigueur démocratique » de son pays. De quoi donc ont eu peur les électeurs marocains ? C'est évidemment le PJD qui est la principale victime de ce très faible taux de participation. Bien implanté dans les zones urbaines (il progresse à Rabat-Salé, à Tanger, à Meknès, à Kenitra, se maintient à Oujda, mais recule dans le Grand Casablanca et à Fès), il reste faible dans les zones montagneuses et rurales. Une caractéristique que le découpage électoral accentue. Autrement dit, la vérité de ces élections n'est pas forcément la vérité politique du pays.


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