Après l'appel : le débat

Alors que notre appel a déjà recueilli plus de 7000 signatures, nos lecteurs prennent la parole. Extrait des débats recueillis par courrier, courriel et sur notre forum de Politis.fr .

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« Surtout pas ? »

Je trouve que Denis Sieffert, dans son édito de présentation de l’appel Organisons l’alternative à gauche, est pour le moins maladroit quand il dit : « Ce que nous entrevoyons n’est surtout pas une “extrême gauche”, ni même “une gauche de la gauche”, mais une gauche réellement sociale, écologiste et européenne. » Je comprends bien qu’il ne faut pas limiter le périmètre de l’alternative à gauche, et, moi-même militant de la LCR, membre du courant Unir, je suis pour une nouvelle force anticapitaliste et antilibérale très large qui réunirait toutes les forces s’opposant au social-libéralisme, mais je me suis toujours senti d'extrême gauche, et le mot « gauche de la gauche » ne me fait pas peur !

L'appel de Politis dit à juste titre que les « municipales ont prouvé qu'il existe un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne » , mais qui a milité, s’est reconnu dans les listes unitaires ? Des gens d'extrême gauche, de la gauche de la gauche, des antilibéraux, des anticapitalistes, des écologistes, des sans-parti et d’autres encore qui veulent lutter contre l'exploitation et cette « dissociété » que nous préparent Sarko et consorts.
La « gauche enfin à gauche » que j’appelle de mes vœux ne sera pas écolo ou antilibérale ou anticapitaliste ou d’extrême gauche ou trotskiste ou communiste ou socialiste : elle sera tout ça à la fois ou elle ne sera pas. Si nous voulons créer « un cadre permanent » de réflexion, « sans préalable sur les engagements des uns et des autres » , nous devons bien peser les mots que nous employons pour ne pas donner l'impression que nous excluons a priori une partie des gens de notre camp.

Bernard Allain (Marseille)

Sectarisme ?

Quel abîme entre l’actualité de 1968 et la réalité de 2008 ! Sans doute que, pour ne pas l’avoir vécu, j’idéalise. Il n’empêche que je nous trouve frileux et que ce n’est pas l’appel de Politis qui viendra combler cet abîme.
L’appel n’est ni plus ni moins bon que la plupart de ceux l’ayant précédé. C’est à la lecture des signataires que l’on peut juger si la pétition engage ou pas. Ici, éclate crûment que la signature n’engage pas pratiquement. Ainsi, il faudrait construire l’alternative avec des apparatchiks, des hommes ou femmes politiques blanchis sous les mandats qui ont lié leur sort à Georges Frêche, que même le PS nationalement n’ose soutenir ou dont les derniers faits d’armes ont été de tout faire pour affaiblir la Liste alternative en Midi-Pyrénées lors des dernières régionales. Sectarisme ? J’assume, mais je préfère ne pas éluder la question qui fâche : l’alternative à gauche peut-elle se construire avec des personnalités pieds et poings liés au PS ou seulement gênés par son tropisme centriste actuel (que revienne le bon temps du molletisme !) ?

Organiser l’alternative est une fort bonne idée par ailleurs, mais pour quoi faire ? Nous mettons la charrue avant les bœufs. La victoire de Sarkozy, sa séduction d’une partie des classes populaires sur la valeur travail, n’est que la preuve la plus flagrante de la faiblesse de nos propositions ou, du moins, de leur caractère inaudible. Qu’avons-nous porté, pratiquement, contre le chômage, contre les licenciements, comme réponses, même partielles ou mal ficelées ? Que faisons-nous face aux mouvements sociaux, sinon les soutenir et en rajouter dans le parasyndicalisme ? Que des personnalités signataires aient des approches dissemblables, voire opposées, sur certains sujets n’est en rien gênant si elles acceptent de se confronter franchement et avec respect sur les analyses et les propositions. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans cet appel.

Enfin, la méthode pour construire la pétition est on ne peut plus contestable. On ne pouvait pas sauver la candidature unique antilibérale par un dîner à quatre (proposition Besancenot), et on ne pourra pas plus organiser l’alternative en cooptant des personnalités. Les masses passives qui n’ont le droit d’exister qu’à travers le bon vouloir des chefs ou des personnalités ne renouvellent pas la démocratie ! Faut-il d’ailleurs souligner les risques de concurrence entre les suites de cet appel et la volonté des collectifs unitaires d’organiser des États généraux de la transformation sociale et écologique ? Les bonnes intentions sont parfois contre-productives.

Jean-Louis Le Bourhis, militant Alternatif (92 Colombes)

Illustration - Après l'appel : le débat
Dessins par Iconovox/Aurel

Les mêmes signataires

Et une initiative de plus ! Pour quel résultat, et au risque d’éparpiller un peu plus ce qui demeure des forces de la gauche ouvrière, jaurésienne, etc. ? Nous dressons tous le même constat (hégémonie d’un PS qui n’est plus socialiste que par son nom, échec de la social-démocratie, réussite de Die Linke, réussite des expériences sud-américaines…). Pourtant, il ne se passe pas un mois sans que n’apparaisse un nouvel appel, un nouveau collectif, que sais-je encore ! Et on retrouve les mêmes signataires dans divers appels. Pourquoi ne nous mettrions-nous pas tous en tas dans un forum ou lors d’assises de la Gauche ? !

@chimelnav

Se libérer des liens caducs

D’accord avec l’édito de Denis Sieffert et l’appel des 55 personnalités, dont beaucoup de signatures irréprochables. Reste un reproche à faire à quelques-uns, qui croient utile de rester membres de partis aussi ringards que le PS et (dans une moindre mesure) le PCF et les Verts : ils devraient se libérer de ces liens caducs, y compris Christian Picquet de « sa » LCR ! Un peu de logique et de courage, camarades… et vivement cette alternative à réellement créer hors des appareils politicards vermoulus !

Rémi Begouen (44-Saint-Nazaire)

Deux conseils pour peser

Cet appel est encourageant mais ce n’est pas le premier.
Il me semble que, pour peser dans le débat médiatique, il faudrait :
1- convaincre la gauche du PS de ne plus se battre contre le courant droitiste mais se joindre aux signataires de cet appel.
2- faire cause commune officiellement avec les équivalents à l’étranger (Linke, gauche-Arc-en-ciel) surtout à l'occasion des européennes.

Georges Harue

Inconsistant

Cet appel est tellement vague et inconsistant que même Royal, Hollande, Fabius, Strauss-Kahn et les autres pourraient le signer ! D’ailleurs, qui peut réellement être contre ? La seule alternative est d’afficher clairement une position anticapitaliste plutôt que de chercher encore et encore une alliance molle avec, entre autres, les acteurs de la catastrophique gauche plurielle…

@Fred

La LCR élargit juste sa base

Je ne sais pas si Denis Sieffert a bien fait d’engager Politis, mais je partage tout à fait son analyse et j’ai signé l’appel. La LCR n’a fait qu’engager un élargissement de sa base sans avoir cherché à travailler avec les autres structures (Alternatifs, Collectifs unitaires, etc.) pour se fondre dans un nouvel ensemble novateur. On retrouve la même démarche qu’à la présidentielle lorsque la LCR avait saboté l’espoir d’une candidature commune en présentant d’emblée son candidat. C’est dommage car, sur le fond, nous sommes en accord avec les copains que l’on retrouve sur différents terrains.

Pierre Péguin (Cévennes)

Le TCE : ligne de partage irréfragable

Je suis plongé dans le plus grand embarras. […] De bonne foi, j’ai cru qu’il s’agissait d’un appel réunissant toutes les composantes du « non » de gauche au TCE. De bonne foi, je n’ai pas interprété cet appel comme un coup politique contre le projet de la LCR de se dissoudre pour créer un nouveau sujet politique. Vous savez que j’ai adopté une position d’ouverture et de dialogue à propos du projet NPA, qui s’est traduit notamment par un échange avec Daniel Bensaïd dont énormément de gens s’accordent à reconnaître l’intérêt.

Or, force m’est de constater que, parmi les signataires qui invitent à signer, se trouvent au moins un partisan du TCE et d’autres (Gayssot, Vieu…) qui ont, pour dire le moins, fait des choix qu’en aucun cas je ne partage. Ce qui crée une confusion inacceptable à mes yeux.

Le message d’un signataire doit être clair et ne peut brouiller les cartes. Pour moi, le choix européen et la clarté sur les engagements vraiment à gauche sont déterminants. L’attitude à l’égard du TCE comme du traité de Lisbonne représente à mes yeux une ligne de partage irréfragable. Il n’y a pas de synthèse possible entre les partisans et les adversaires de la libre circulation des capitaux, entre ceux qui défendent les services publics et ceux qui les démantèlent, entre ceux qui détruisent le droit du travail et ceux qui veulent le protéger et l’amplifier, entre les partisans d’une Europe européenne et ceux qui construisent une zone euro-américaine. De même, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui s’allient avec la droite et ceux qui refusent une telle alliance, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui ont tiré les leçons de la gauche plurielle et ceux qui sont prêts à la recommencer.
Je ne peux donc me retrouver aux côtés de personnes dont l’action envoie un message différent.

Un débat s’est engagé autour de l’appel qui m’éclaire et m’incite à penser qu’effectivement il s’agissait bien de marginaliser le projet de la LCR, qui constitue à mes yeux la seule initiative qui sorte vraiment des tranchées dans lesquelles toutes les autres composantes du « non » de gauche se terrent tout en lançant des appels unitaires sans lendemain.
Je ne veux pas faire d’éclat. Politis est un journal auquel je suis très attaché et je me flatte de votre amitié. Je ne dirai pas que ma confiance a été abusée. Je dirai que je n’ai pas posé les questions qui s’imposaient avant de donner ma signature. Mais maintenant, en pleine connaissance de cause, je vous demande de la retirer.

Raoul Marc Jennar

Perplexe

Ce texte me laisse perplexe. Pourquoi n’avez-vous pas contacté José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet ? Leurs réponses pourraient être intéressantes et même éclairantes. Je ne sais pas comment comprendre cet appel : faut-il y voir un désir de rapprochement avec ce que la LCR appelle le NPA ou le désir de création d’un autre mouvement ?

@lescaret

L’œcuménisme a des limites

Venant de recevoir le n°1003, force m’est de constater que la rédaction (unanime ?) en remet une couche, indifférente, de toute évidence, à d’autres sensibilités au sein du lectorat que celles représentées par « déjà 3 500 signataires [ayant] répondu à l’appel de Politis ! ». Et il y en aura d’autres, s’il faut absolument battre le record de José Bové avant la présidentielle, ce qui est à portée de main puisqu’on aura les mêmes plus tous ceux qui ne savent plus où ils en sont.
J’en viens donc à me demander si Politis n’a pas fait là un coup de marketing politique, tentant de mettre à profit le vide médiatique pour occuper le terrain et accéder ainsi au statut enviable d’hebdo de gauche, laissé en déshérence par quelques titres que je n’ai pas même besoin de citer. […]
On l’aura compris, je me sens floué, bafoué, j’ai honte de m’être montré (à mon âge !) aussi naïf en croyant que la montée en température politique de Politis , annoncée à la dernière AG de notre association, se traduirait par des efforts constants dans la médiation entre les gauches, car il n’y en a plus deux mais bientôt six, afin de nous épargner tous les désespoirs. Au lieu de quoi un parti est pris (qui n’en est même pas un d’ailleurs), simplement pour éviter qu’une organisation honnie ait la moindre chance de concrétiser son projet. […]

La page accordée dans le n° 1003 à la LCR sous la plume de Pierre-François Grond et Anne Leclerc fait preuve, en effet, d’une louable modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On me pardonnera d’être un peu plus sévère, puisqu’ils n’ont pas, comme plusieurs d’entre nous qui ne sont pas prêts à signer un appel qu’on leur sort de derrière les fagots, mouillé la chemise pour un Politis en voie de résurrection, sans doute, mais sûrement pas d’insurrection. Les porte-parole de la LCR n’ont pas tort en effet d’écrire : « Voilà un document qui peut être signé par beaucoup de socialistes pourtant acquis au social-libéralisme. » C’est sûr que pour être rassembleur, c’est rassembleur, mais […] l’œcuménisme a des limites. […]
J’aimerais que cette divergence trouve sa place dans le prochain numéro, par exemple dans ce qui devait être une page réservée à l’association, plutôt que dans un blog auquel ne commencent à recourir que les plus déliés de nos lecteurs. Puisqu’on aime « les questions qui fâchent », ça ne devrait pas poser de problème.

Georges Pons

Quelle idée !

Militant « altermondialiste » (à Attac), mais également engagé dans le processus de fondation du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR, je ne saisis pas bien le sens de votre motivation pour réactiver « une gauche de gauche ». En effet, le catalogue de « bonnes intentions » ne suffira pas à véritablement construire une alternative à gauche ; pour autant, l’initiative de la LCR demandera beaucoup d’énergies, sans gage de réussite, mais pour une fois qu’une structure politique « d’extrême gauche » avance un projet de refondation, je ne comprends pas pourquoi vous y allez de votre offre ; que vous participiez au débat, que vous ouvriez vos colonnes, cela serait compréhensible, mais quelle idée de relancer un « mouvement » qui s’apparente fort aux fameux collectifs antilibéraux, largement trustés, à l’époque, par le PCF, à l’affût de tout ce qui peut lui servir de cure de jouvence ! Ne décevez pas ceux qui vont se mettre à pied d’œuvre pour construire ce nouveau parti (NPA) attendu par d’innombrables déçus de la gauche de gouvernement.

Christian Villemur (Quimperlé, 29)

Une réponse à un malaise

Cet appel de Politis est d’une profonde justesse. Il y a à l’heure actuelle un important malaise dans les AG d’enseignants grévistes : allons-nous continuer encore longtemps à « lutter » sans aucun projet politique cohérent, sans poser la question d’une école plus égalitaire reliée à une société qui aspire aussi à l’être ?

@Clément

Pas de cadre préétabli

Le « problème » majeur de l’initiative NPA est le cadre extrêmement strict préétabli par la LCR, avec notamment le postulat révolutionnaire. Dans mon département, NPA, ce sont des cadres formés […] de la LCR qui viennent expliquer qu’ils vont fonder pour nous un grand parti dans lequel ils resteront révolutionnaires, fans de Besancenot, globalement productivistes. J’ai beaucoup de mal à voir le travail collectif et la convergence des réflexions et des pratiques dans cette démarche. Je suis par contre sensible à cet appel qui n’implique pas d’abjurer l’organisation dont on est issu et qui à un moment permet de porter une expertise qu’il faut désormais mettre en débat dans une démarche d’assises ou de forum pour structurer cette gauche qui existe et qui agit déjà concrètement dans certains secteurs.

@Pomme

Ouvrir la voie

Une réaction au premier degré à la lettre de nos amis de la LCR (Politis n° 1003) : tenteriez-vous par hasard de nous faire croire qu’avec une augmentation de 300 euros des bas revenus et un Smic à 1 500 euros nets tout irait pour le mieux dans le meilleur des hexagones possibles ? […] Et ne me faites pas votre numéro misérabiliste. De vrais pauvres, je sais qu’il y en a et qu’ils sont de plus en plus nombreux, dans l’hexagone et ailleurs, qu’ils ont besoin d’aide et sont faciles à identifier. Éradiquer la faim, la pauvreté, les épidémies, c’est juste une affaire de volonté, et je sais aussi qu’il est hors de question d’y parvenir dans le cadre de la mondialisation néolibérale, prédatrice par essence.
Alors, les amis, il faudrait songer à lever un peu le nez au-dessus du guidon et regarder ce qui se profile à l’horizon ; avec un baril de pétrole à 135 $ depuis hier, 200 avant la fin de l’année et sans doute 500 dans moins de dix ans, la raréfaction des ressources naturelles et singulièrement des denrées agricoles soumises à la spéculation et aux aléas climatiques, la montée des eaux et les cohortes de réfugiés lancées dans la nature, que pensez-vous qu’il adviendra ?
Si j’ai répondu à l’appel de Politis, c’est d’abord parce que je suis un antilibéral viscéral, et ensuite avec la ferme intention de débattre de toutes ces questions, en espérant ouvrir la voie à « cet autre monde possible ».

Jacques Kremser

Un peu d’espoir

Bravo ! Je ne me remets toujours pas de la rapidité avec laquelle la victoire de 2005 a été transformée en échec. Alors ce genre d’appel, ça redonne un peu d’espoir.

@Anne

Osons nous rassembler

Ne mégotons pas ! L’heure n est plus à savoir si les écologistes de gauche, les anarcho-syndicalistes, les trotskistes, les chrétiens de gauche, les socialistes de gauche, les communistes doivent défiler ensemble. L’heure est à l’action et à la reprise en main de nos affaires. Le peuple de gauche se doit de siffler la fin de la récréation. […] Pour ma part, je ne passerai pas des heures à décider s’il est pertinent de travailler avec tel ou tel. Je travaillerai avec quiconque souhaite en finir avec ce capitalisme destructeur et souhaite voir revenir au premier plan des valeurs de coopération, de paix, d’équité, de justice. […] L’alternative passe par nous et notre mobilisation, notre pugnacité et notre détermination à créer, proposer, innover et agir. Faisons preuve de courage, osons nous rassembler et nous mettre en mouvement, sans préjuger à l’avance de ce qui pourrait nous séparer.

@Hervé

Un bon arc politique

Merci de ce texte qui offre (peut-être) une perspective pour les progressistes de ce pays. Peut-on rêver d’une gauche comparable à celle d’Allemagne ? En tout cas je me sens à l’aise dans l’arc politique que vous représentez. Ne lâchez pas !

@Jean-Claude Mouret (Nanterre, 92)

L’urgence d’un Die Linke

Entrée au MJS en 2002 puis plus tard au PS, porteuse du « non » au TCE, je sais bien que le débat pour le congrès du PS qui s’annonce est mort-né. Dans ce contexte, nous sommes un certain nombre à tenter localement de porter un discours de gauche radicale, baroud d’honneur au sein d’une organisation qui, nous en sommes désormais certains, ne peut se renouveler de l’intérieur, alors que nous n’avons pas ménagé nos efforts dans cette perspective. Alors aujourd’hui, comme beaucoup, je suis sensible à cet appel car, avant de penser organisation, il faut créer des espaces où les gens de gauche convaincus qu’il est possible de faire autrement puissent se rencontrer pour d’abord échanger. La nécessité de travailler ensemble est forte, mais il faudra du temps pour que nos traditions, nos habitudes d’actions (forgées par nos parcours de militants, parfois riches, souvent castratrices…) deviennent compatibles. Constituer un pôle de gauche radicale du type Die Linke à la française est aujourd’hui une urgence, mais cette démarche prend du temps et de l’énergie.

@Kerry

La grande MAGouille

En fait, cet appel patronné par Politis est la résultante d’intenses tractations et de petites manœuvres du quintet « Maintenant à Gauche » (MAG), déjà prolifique en tribunes répétitives, et de quelques échappés(e)s de « Gauche avenir », lancé, entre autres, par Paul Quilès et Jean-Claude Gayssot, l’obligé de Frèche en Languedoc et ancien ministre privatiseur des années Jospin. […]
Passons sur les formules « malheureuses » qui ne laissent pas d’étonner comme : « Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. » C’est quoi, ce truc ? De qui parle-t-on ? De la gauche électoralement alimentée par le PS ?
Ainsi, ce serait donc toujours de la même « Gauche », sous hégémonie PS, qu’il s’agirait de (re)colorer un peu ? Celle dont les valeurs viennent d’être réaffirmées : « capitalisme, horizon indépassable » !
Denis Sieffert, dont j’apprécie tant les éditoriaux que je les diffuse à profusion, nous livre, cette fois, un « mode d’emploi » (de l’appel) truffé d’approximations et d’ambiguïtés telles que (repris dans l’encart en gras) : « Ce que nous entrevoyons n’est surtout pas une “extrême gauche”, ni même une “gauche de la gauche”, mais une gauche réellement sociale, écologiste, européenne. »
Du Moscovici dans le texte. Pourtant, vous lisez bien Politis…
Comment ne pas y voir de sournoises exclusions ? Non seulement celle de la LCR, bien sûr, mais aussi celles visant toutes celles et tous ceux, notamment réuni(e)s dans les collectifs unitaires, qui tentent de tracer de nouveaux chemins pour un éco-socialisme du XXIe siècle. […]
Au-delà de l’exclusion de la LCR du cercle des vertueux politiciens, quel but poursuivent les initiateurs cachottiers de 2e division ? Les préoccupations électorales !
2009, année impaire, les européennes : répartition des 8 circonscriptions par une sorte de « Gauche populaire M.-G. Buffet bis » agglomérant les initiateurs de l’appel.
2010, année paire, les régionales. Tout le monde rentre au bercail. Alliance avec le PS (Modem ?) pour « bénéficier » d’élu(e)s régionaux. […]

Jean-Robert Velveth (Cercle AUDACES Paris XIIe)

Pas indépendant

Je ne signerai pas cet appel fourre-tout (signé par des partisans d’un libéralisme « social ») qui finira par alimenter et satelliser le PS, qui le digérera comme tant d’autres appels « rénovateurs ». Je suis pour une gauche anticapitaliste INDÉPENDANTE du PS et révolutionnaire, qui dépasse les clivages partidaires et fasse des propositions concrètes égalitaires, radicales, autogestionnaires, où la notion même de partage du pouvoir est débattue et remise en cause collectivement, à l’image de nos luttes quand elles ne sont pas vidées de leur sens par des appareils ou des clubs qui cherchent à nous instrumentaliser.

@Patrick Leclerc

Enthousiasme

Je vous écris pour exprimer l’enthousiasme et l’espoir de nombreux jeunes suite à cet appel, jeunes qui, comme moi, rêvent d’une gauche courageuse, innovante et idéologiquement offensive. Nous avons des convictions profondément ancrées, mais il nous manque une structure politique concrète pour les exprimer, les défendre, les faire partager. De grâce, ne gâchons pas cette belle initiative, qui, j’en suis sûr, est promise à un bel avenir si nous savons la porter, la faire vivre, sur le terrain et dans le débat d’idées.

@Cyril (http://ideo.i-clic.net/)

Pour des mentalités plus ouvertes

L’union fait la force, et les querelles la divisent. D’où cette maxime qui fut l’un des sommets du rire à la française : « Aimez-vous les uns les autres, bordel de merde. » Échange, politesse, respect, humilité, empathie, compréhension, éthique dans la discussion et dans la confrontation des idées, ouverture d’esprit, intelligence d’analyse, pragmatisme, voila les ingrédients qui font défaut à la gauche radicale. Donc, oui, vive l’alternative à gauche, il faut l’organiser, mais celle-ci suppose une première révolution : des mentalités un peu plus ouvertes et conciliantes, à la gauche du social-libéralisme.

@Guillaume


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