Dossier : Alimentation : Bien manger, manger tous

Que peuvent les eurodéputés ?

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Nous vivons une crise alimentaire mondiale, qui a dégénéré en crise financière. Le besoin fondamental, se nourrir, a été transformé en machinerie industrielle et financière, gaspillant l’espace et les produits alimentaires, avec des conséquences humaines effroyables.
Que peut l’Europe ? Actuellement, la politique agricole commune (PAC), 35 % du budget européen, n’est pas votée par le Parlement. Première bataille : que les citoyens puissent peser sur la PAC, ce qui sera le cas si le traité de Lisbonne est ratifié.
Une partie de la politique agricole reste nationale, et des pays développent l’agriculture biologique. La France, elle, importe de la bio, et consacre de grands espaces aux agrocarburants !
Vis-à-vis du tiers monde, les Verts luttent contre les subventions aux exportations, la concurrence faussée. Soutenir l’agriculture pour nourrir l’Europe, oui : le petit paysan a besoin d’une régularité des prix agricoles. Mais la grande agriculture intensive ne devrait recevoir aucune subvention aux exportations. Hélas, les dégâts sont là, et le Fonds européen de développement, avec les ONG, doit aider le tiers monde à reconstruire son agriculture vivrière, industrieuse et non pas industrielle.

On peut aller plus loin, en refusant que l’Europe encourage la spécialisation des nouvelles puissances de l’ancien tiers monde dans l’agriculture exportatrice. D’abord en produisant nos propres protéagineux au lieu d’importer du soja pour nourrir notre cheptel.
On doit aussi poursuivre la bataille pour l’écocertification du commerce international. Les lois des pays du Sud pour protéger leurs richesses et leur biodiversité ne sont pas prises en compte par l’Union. Aujourd’hui, des bois illégaux arrivent en Europe, les douaniers n’ont pas le droit d’en refuser l’entrée, tandis qu’un T-shirt marqué Lacoste peut être saisi pour contrefaçon !

Concernant les accords d’association avec le Sud, ce devait être des « accords de bloc à bloc » à trois piliers : dialogue politique (droits de l’homme), aide au développement et accord commercial. Mais, au bout de deux ans de négociations, il ne reste plus que… le volet libre-échange. Les Verts, comme les communistes, ont voté contre le premier accord, avec les Caraïbes. Mais les autres groupes ont voté pour ! En notre nom de citoyens, une politique effroyable est imposée au tiers monde.
Aujourd’hui, tout le monde parle de réguler le capitalisme, mais la Commission la plus ultralibérale est aux commandes, et risque d’être reconduite ! Ainsi, nous avons lancé une campagne « Stop Barroso ». Sa commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer-Boel, propose désormais de supprimer les quotas laitiers, pour permettre aux gros producteurs de lait européens de poursuivre leur business en ruinant les petits, ici et là-bas.

Le modèle agricole « maïs-soja-viande » adopté par l’Europe est criminel : la PAC doit satisfaire aux besoins des Européens et permettre aux pays du tiers monde de satisfaire aux besoins de leurs citoyens, en commençant par les plus démunis. La planète peut nourrir tous ses habitants. La souveraineté alimentaire et la conversion écologiste vers une alimentation saine, tel est l’enjeu caché des batailles européennes à venir.


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