Pas de manants dans son château
Dans l’Oise, des dizaines de familles vivant dans des mobile homes subissent le harcèlement des vigiles du nouveau propriétaire du terrain, l’homme d’affaires Alain Duménil, qui souhaite les voir partir.
dans l’hebdo N° 1051 Acheter ce numéro

«Les vigiles s’en sont pris à la maison de mon voisin, relate Cyril Perennes, habitant d’un mobile home dans le parc du château d’Alincourt. Ils ont pris des bouteilles et ont aspergé le bungalow en criant : “Sortez de là, on va vous brûler ! Vous avez dix minutes pour sortir parce qu’on va vous brûler !” » Il n’y avait pas d’essence dans les bouteilles, juste de l’eau. Un jeu sordide. Il était 3 h 30 du matin. La paisible commune de Parnes, dans l’Oise, au nord-ouest de Paris, est depuis plusieurs semaines le théâtre d’une troublante affaire de harcèlement collectif. Le cadre : un somptueux château, au cœur d’un parc de 100 hectares classé monument historique. En contrebas, sur les terres qui ceinturent la bâtisse de 1 200 m², 140 emplacements de « camping » étaient loués par l’ex-propriétaire depuis 1976. Aujourd’hui, 80 familles d’horizons très différents y résident, partiellement ou à l’année, dans des bungalows ou en caravane. Certaines sont