« Une diffusion large est probable »
On n’en fait pas trop face à la grippe, selon l’épidémiologiste Yves Charpak, qui rappelle que les pays ont des obligations internationales en matière de santé et que la surveillance est cruciale face aux virus.
dans l’hebdo N° 1066 Acheter ce numéro
Politis : On entend deux discours face à la grippe : « On en fait trop » et « La menace grandit ». Comment faire la part des choses ?
Yves Charpak I Avant une catastrophe, on peut toujours dire qu’on en fait trop, et après, qu’on n’en a pas fait assez. Le débat n’est pas là. Avant, on gérait les crises quand elles étaient terminées, on faisait de la réparation. Aujourd’hui, on essaie d’anticiper. Cela engendre un coût, mais qui reste ridicule par rapport à celui d’un sous-marin nucléaire, par exemple. Il faut ramener les coûts à leur juste valeur. Les efforts mis sur la grippe sont loin d’être indécents.
Comment mesurer le risque réel que représente le nouveau virus ?
Les spécialistes alertent depuis longtemps sur l’arrivée de nouvelles pandémies. Le virus actuel est nouveau et s’est diffusé en quelques semaines dans le monde entier. On peut en mourir, même si on est jeune. Il est donc raisonnable de dire qu’on va essayer de limiter les risques au maximum. D’autant que le virus s’est diffusé partout en dehors de la période où la grippe se diffuse habituellement. Dans l’hémisphère Sud, qui est dans sa « saison » de grippe, la plus grande proportion de syndromes grippaux actuels y sont liés : en Afrique on