Marche pour la paix : l’impasse égyptienne

Les manifestants internationaux ont été empêchés d’entrer dans Gaza. L’affaire a surtout mis en évidence les contradictions de l’Égypte. Reportage de Clémentine Cirillo-Allahsa.

Clémentine Cirillo-Allahsa  • 7 janvier 2010 abonné·es
Marche pour la paix : l’impasse égyptienne

Marcher dans les rues bondées du Caire, attendre des heures dans des halls d’hôtel, sous une surveillance policière constante : voilà la carte postale égyptienne des participants à la Marche pour la liberté et la paix. À l’occasion de ses vœux pour 2009, Nicolas Sarkozy avait affirmé que « la vocation de la France est de chercher les chemins de la paix » . Action pacifique, la Marche a voulu tracer un de ces chemins à travers Gaza. Mais la voie est restée fermée. Le ­triple discours de la communauté internationale, de l’Égypte et de la France participant à l’impasse. Au Caire, l’attente sans fin des 1 400 marcheurs est devenue aussi étouffante que l’air pollué. Jeudi 31 décembre, la Marche devait franchir la frontière à Rafah afin de venir au-devant d’une société civile palestinienne qui, du fond de son étroite prison, reste déterminée et active. Les autorités égyptiennes, accusant les militants non-violents de vouloir s’en prendre « aux intérêts nationaux » , les en ont empêchés. Comme d’autres, j’ai donc passé la frontière égyptienne à Taba pour participer à la manifestation qui se tenait simultanément en Israël.

Soleil de plomb, collines dénudées et, au loin, la ville de Tel-Aviv, au bord d’une mer que les Palestiniens ne peuvent qu’imaginer. Après un voyage en bus depuis Eilat, à l’extrême sud d’Israël, jusqu’à Jérusalem, la rumeur des rues du Caire s’est peu à peu estompée. Puis, au dernier jour de l’année et sous le soleil de midi, c’est la structure de verre d’Erez, le terminal passagers et principale porte de Gaza. Un passage qui n’est plus guère utilisé depuis le début du blocus que par les malades, la presse, les diplomates et les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial
Écologie 29 mai 2026 abonné·es

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial

Après cinq années d’interruption, la firme française relance le chantier d’un mégaprojet gazier dans ce pays est-africain. Outre ses dévastations sociales et écologiques, ce dernier a mis sous tutelle un des États les plus pauvres du monde par une des multinationales les plus riches.
Par Martin Eteve
Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien

Le territoire illégalement annexé par la Russie en 2014 est rattrapé par le conflit. Malgré un discours officiel prétendant que les civils conservent une « vie paisible », la population souffre d’une situation qui s’éternise, faite d’angoisse et de morts passées sous silence.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
Entretien 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi