Pas de purge libérale pour les bébés !
Professionnels et parents se mobilisent depuis plus d’un an contre un projet gouvernemental dégradant les modes d’accueil des tout-petits. Le 29 mai, ils seront de nouveau dans la rue. Retour sur une fronde historique.
dans l’hebdo N° 1103 Acheter ce numéro

Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille, la croyait « essoufflée » . Mais la mobilisation ne faisait que reprendre des forces. Le 6 mai dernier, ils étaient six mille (selon les syndicats) à battre le pavé place de la Bastille, les uns brandissant des poupons embrochés sur des piques, les autres marquant le tempo avec des hochets. Assistants maternels, éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture, médecins de PMI, pédopsychiatres, personnels d’entretien des structures d’accueil, mais aussi féministes ou simples parents. Réunis pour la troisième fois en trois mois, dans les rues de plus de quarante villes de France, pour exprimer leur désarroi devant une politique de l’enfance au rabais, sacrifiée sur l’autel des logiques gestionnaires.
L’union des organisations syndicales, professionnelles et familiales, la jonction entre public et privé, mais aussi des patrons qui incitent leurs salariés à faire grève et qui distribuent des kits de mobilisation aux parents : du jamais vu dans le secteur de la petite enfance, habituellement peu rompu à l’aventure militante – sans