Le paludisme, l’autre fléau birman
Les Objectifs du millénaire de l’ONU sur la maîtrise du paludisme pour 2015 sont loin d’être atteints. En cause, un régime militaire fermé, mais aussi une frilosité internationale envers l’action médicale. Reportage en Birmanie.
dans l’hebdo N° 1118 Acheter ce numéro

Elle vient de marcher des heures sous la chaleur de la mousson. Le longyi – ce long tissu croisé à la taille – légèrement relevé, elle avance péniblement. La démarche est forcément chaloupée. Cette femme Karen, une des ethnies de l’est de la Birmanie, est presque au terme de sa grossesse. Tenant un jeune enfant par la main, elle s’apprête à traverser la rivière Moei, qui sépare la Birmanie de la Thaïlande. La dernière étape du périple se fait sur une embarcation incertaine, juste à côté des bateaux rutilants de riches Thaïlandais venant jouer au casino installé du côté birman. La femme, elle, joue et risque plus gros. Car dans cette zone endémique de paludisme, elle doit faire un test rapide toutes les semaines. La maladie, parasitaire et transmise par les moustiques, peut être très grave pour elle et son futur enfant. C’est l’un des fléaux de la Birmanie et la première cause de mortalité infantile dans ce pays. Et les torts sont plus partagés qu’on ne l’imagine.
Des cliniques comme celle où cette femme enceinte reçoit des soins, il y en a six le long de la frontière, côté thaï, dans cette zone qui borde l’État Karen. Elles ont été mises en place par l’unité de recherche contre la malaria Shoklo (SMRU) du programme de médecine