Une dictature démocratique
Le dossier des retraites est évidemment d’abord une affaire sociale et économique. Mais l’impasse actuelle pose aussi un problème institutionnel.
dans l’hebdo N° 1118 Acheter ce numéro
Lorsqu’en 1962 le général de Gaulle décida que l’élection du président de la République se ferait au suffrage universel direct, la France sortait à peine d’une double crise. D’une part, la guerre d’indépendance algérienne avait précipité une partie de nos élites politiques et intellectuelles, et plusieurs hauts gradés de l’armée, dans le camp de la « sédition », pour reprendre le mot de De Gaulle. D’autre part, la déchéance institutionnelle de la IVe République avait souligné l’impuissance du « système des partis » face à la décolonisation. Dans cette situation exceptionnelle, de Gaulle fut l’homme d’un pouvoir fort. S’il n’a pas été le dictateur que la gauche a pu, un moment, redouter, il n’a pas