Tchernobyl : le monstre est encore vivant
Il y a près de vingt-cinq ans, un réacteur de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explosait. Plusieurs milliers de personnes vivent et travaillent encore dans la zone contaminée. Pendant ce temps, le projet français de confinement prend un retard dramatique.
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Après avoir longé le sarcophage, qui fuit depuis une bonne vingtaine d’années, et contourné la centrale nucléaire de Tchernobyl, nous arrivons, par une mauvaise petite route de quelques centaines de mètres, aux bâtiments bleus et blancs de Novarka, la société créée par Vinci et Bouygues pour construire la nouvelle enceinte de confinement supposée empêcher les fuites radioactives et permettre de démanteler le cœur du réacteur accidenté.
À une centaine de mètres, un dépôt de carcasses de véhicules et d’engins de travaux public en cours de démantèlement : soit inutilisables, soit pollués, les deux le plus souvent. À l’entrée du « camp français », des spécialistes contrôlent la radioactivité des véhicules. Non loin, dans le canal qui servait à refroidir les réacteurs, nagent d’énormes silures aux longues moustaches qui ont l’air de trouver à leur goût l’eau radioactive en compagnie d’autres poissons. Ils hantent également la grande retenue d’eau artificielle qui jouxte les installations à l’arrêt et communique avec la rivière qui se jette dans le Dniepr. Quelques cormorans pêchent du menu fretin. Comme les quelques pêcheurs travaillant à la centrale qui bravent les interdictions, haussant