Comment les industriels exploitent le doute

Aux États-Unis, des groupes de pression organisent de pseudo-débats sur le changement climatique ou les propriétés cancérigènes du tabac pour semer la confusion dans la population.

Noëlle Guillon  • 18 novembre 2010 abonné·es

« Les électeurs ne pensent pas qu’il y ait un consensus sur le changement climatique dans la communauté scientifique. Si le public en venait à penser que les faits scientifiques sont établis, leurs opinions sur le changement climatique en seraient bouleversées. » La phrase est tirée d’un rapport rédigé par un artiste de la communication politique, Frank Luntz. Remis en 2002 à George W. Bush, ce rapport montre bien l’intérêt de manipuler les électeurs pour éviter toute remise en cause des modes de pensée et donc des comportements. Derrière cet objectif, il y a une machine de destruction massive de la méthode scientifique par des industriels. Une usine à exploiter le doute, élément constitutif de la pratique scientifique saine.

L’économiste Claude Henry, professeur à Sciences-Po et à l’université de Columbia à New York, parle de « snipers » et évoque « une fusée à trois étages » . Premier

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