Gaz de schiste : le pré-rapport en faveur de l'exploration en France

Le rapport provisoire sur les gaz et huile de schiste, paru hier et remis au gouvernement, se prononce pour « des travaux de recherche et des tests d’exploration » en France. Une annonce qui devrait amplifier la mobilisation contre cette technique d'extraction de plus en plus contestée.

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Ne dites plus gaz de schiste, mais « hydrocarbures de roche-mère ». Et puis, non : gaz de schiste, c'est très bien. Cette tentative à peine voilée de rebranding , technique qui consiste à changer le nom d'une entreprise ou d'un concept à la réputation un peu trop cabossée, n'est que l'amuse-bouche du pré-rapport du Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (Cgiet) et du Conseil général de l'environnement et du développement durable (Cgedd) rendu public le 21 avril. Car le document remis à Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson l'énonce clairement : pour le bien de la France, « pays d'Europe le plus richement doté de ressources en gaz de roche-mère » , « il est indispensable de réaliser des travaux de recherche et des tests d’exploration » .

→ Comment ? En lançant notamment un « programme de recherche scientifique, dans un cadre national ou européen, sur les techniques de fracturation hydraulique et leurs impacts environnementaux » . Peu importe que les exemples d'accidents très concrets et d'impacts néfastes sur l'environnement pullulent déjà en Amérique du Nord, un « programme de recherche scientifique », ça fait toujours bien dans le tableau. Reste à voir qui le financera...

→ Pourquoi ? « Ces études et expérimentations contribueront à l’émergence et à la formation d’opérateurs et de sous-traitants nationaux susceptibles de se positionner sur le marché mondial » Nous y voilà. Anticipant déjà les conclusions des études et expérimentations à mener, les Dupond et Dupont du Cgiet et du Cgedd militent pour l'entrée de la France dans le cercle très fermé des spécialistes de la destruction polluante de nos sous-sols.

Bien sûr, toutes ces initiatives « devront être assorties d’un encadrement strict » , cela va sans dire. Comité scientifique national, absence de toute pollution, transparence des études, évaluation des risques, emploi des « meilleures techniques disponibles » (sic), tout est prévu. Même une touche d'humour : « La participation de la société civile devra être assurée. »

Comme les gros sous ne sont jamais très loin dans cette histoire, le pré-rapport préconise une « révision de la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation d'hydrocarbure sur leur territoire. » De quoi faire basculer un maire hésitant du bon côté du trépan.

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→ Soutenez le prochain reportage de Politis.fr en Amérique du Nord, à la rencontre des victimes de l'exploitation des gaz de schiste et des militants opposés à cette technique destructrice.

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Photo : AFP / Eric Cabanis

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