Le gaz de schiste n’est pas enterré
Poussés par de fortes mobilisations locales, les députés devraient bannir, le 10 mai, les procédés d’extraction néfastes pour l’environnement. Mais les enjeux sont énormes, et les appétits intacts…
dans l’hebdo N° 1151 Acheter ce numéro

Rarement proposition de loi aura été promise à une adoption aussi consensuelle : mardi 10 mai, une large majorité de députés devrait se prononcer pour l’interdiction de l’extraction des gaz et huiles de schiste par la technique de fracturation des roches (hydrofracturation) en raison de son impact potentiel sur l’environnement – énormes prélèvements d’eau, pollution des nappes phréatiques par des adjuvants chimiques, emprise sur les terres, dégradation des paysages, norias de camions… Cette loi, que le Sénat devrait approuver également, gèlerait de facto les permis délivrés l’an dernier à plusieurs compagnies pour l’exploration de gisements prometteurs dans le Sud-Est et le Bassin parisien [^2].
Une première victoire éclair contre les gaz de schiste : les écologistes n’en attendaient pas tant, alors que la première réunion publique d’opposants s’est tenue le 8 décembre dernier à Saint-Jean-du-Bruel (Aveyron), il y a cinq mois à peine, à l’initiative de militants du Larzac, dont José Bové (voir ci-contre). La pression monte rapidement dans les régions délimitées par les trois grands permis [^3], à mesure que la population prend conscience de l’ampleur des projets, de l’opacité qui les entoure et des dégâts potentiels. Appels, réunions et résolutions d’élus locaux se