Égypte : les islamistes divisés

Les Frères musulmans arrivent en tête de la première tranche des élections législatives, suivis par les salafistes.

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C’est sans surprise qu’au terme de la première phase des élections législatives en Égypte (taux de participation de 62 %), le Parti liberté et justice (PLJ), dominé par les Frères musulmans, arrive en tête avec 36,6 % des voix. Beaucoup plus inattendu en revanche est le score des salafistes et de leur parti Al-Nour. Avec 24,3 %, ils se placent en seconde position, loin devant le Bloc égyptien, coalition de partis libéraux et laïcs, qui plafonne à 13,3 %.

Ce vote, historique après des décennies d’un régime autoritaire et corrompu, ne concernait qu’un tiers du pays (les deux autres parties votant les 14 décembre et le 3 janvier). La bataille est engagée pour la seconde phase, où l’opposition entre Frères musulmans et salafistes risque de prendre un tour plus vif encore, étant donné les profondes divergences qui les séparent.
Radicaux et rigoristes, les salafistes n’ont fondé leur parti, financé par l’Arabie Saoudite et les autres pays du Golfe, qu’au lendemain du départ de Moubarak. Exprimant une vision régressive de l’islam et de la société, ils associent la démocratie à un « péché »… Position nuancée par un responsable salafiste depuis l’annonce des résultats  !

« Nous espérons que les gens distinguent les différents mouvements et ne mettent pas tous les islamistes dans le même panier » , a déclaré pour sa part à l’AFP le porte-parole des Frères ­musulmans, Mahmoud Ghozlane. Très implantés dans le pays, rendus populaires par leur réseau d’entraide sociale, ceux-ci auraient beaucoup à perdre à se rapprocher des salafistes en vue d’une coalition de gouvernement, comme le soulignent nombre de spécialistes.
Sur des questions d’importance pour le pays – le tourisme, l’économie… – les Frères musulmans apparaissent plus proches des libéraux. Comme Ennahda en Tunisie, ils affirment leur volonté de rassembler. Ce qui laisse envisager une future alliance au « centre » ?


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