Pirates somaliens : le procès de la misère

Les présumés pirates du *Ponant* sont jugés depuis le 22 mai à Paris.

Claude-Marie Vadrot  • 7 juin 2012 abonné·es

Très loin de leur pays, six présumés pirates somaliens accusés d’avoir détourné en 2008 le Ponant , un grand voilier de croisière, et pris en otages la trentaine de membres de l’équipage, sont jugés depuis le 22 mai devant la cour d’assises de Paris. Arrêtés sur le sol de leur pays par un commando militaire français, ils ont tous été placés en détention provisoire depuis quatre ans.

Un seul d’entre eux reconnaît les faits et a été plus ou moins formellement reconnu par le capitaine, Patrick Marchesseau ; les autres ont été reconnus sur photographies. Tous étaient pêcheurs, privés de travail parce que le poisson est de plus en plus rare sur les côtes somaliennes. Les bateaux-usines étrangers viennent en effet écumer librement la mer au large du pays, faute de garde-côtes pour les éloigner, et d’autres navires viennent régulièrement déverser des produits toxiques près du rivage, faute de police maritime. Mais les forces navales occidentales qui montent la garde pour éloigner les pirates des bateaux sortant de la mer Rouge ne se préoccupent pas de ces deux délinquances qui épuisent la Somalie et privent des milliers de personnes de revenus.

Dans un premier procès, fin 2011, cinq autres pirates ont été condamnés à des peines de quatre à huit ans de prison en dépit des réquisitions du procureur, qui avait réclamé de lourdes peines. Les jurés auraient-ils estimé que ce procès du Nord contre la misère du Sud n’avait pas grand sens, comme le montre encore aujourd’hui le désarroi d’hommes arrachés à leur culture, désespérément loin de tout soutien ?

Société Police / Justice
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