Dossier : L'OPA du PS sur la banlieue rouge

L’OPA du PS sur la banlieue rouge

Le PCF déplore que le PS mette moins d’énergie à récupérer des villes
de droite qu’à partir à l’assaut de ses bastions.

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Aux commandes du conseil général depuis 2008, les socialistes de Seine-Saint-Denis entendent bien étendre leur emprise à l’occasion des prochaines municipales. Leurs cibles ? Les communes les plus importantes et les plus prometteuses. À l’exception de Montreuil, dont la conquête par Dominique Voynet (voir page 8) avait été favorisée en coulisse par Claude Bartolone, alors président du conseil général, les villes convoitées par le PS ont pour caractéristique politique d’être administrées de longue date par le PCF, notamment Saint-Denis. Pour justifier ces entorses à l’union de la gauche, que la direction du PS ne cesse de réclamer autour de ses candidats sortants, les socialistes arguent de l’évolution des rapports de force au sein de la gauche et de l’absence de danger à droite, ces communes ayant préféré Hollande à Sarkozy à plus de 72 %.

Un argument qui ne protège pas des « accidents », met en garde la direction du PCF. Elle déplore surtout que le PS mette moins d’énergie à récupérer des villes de droite qu’à partir à l’assaut de ses municipalités. Pour preuve, la migration électorale de Bruno Le Roux. En 1995, ce dernier avait hérité de la mairie d’Épinay- sur-Seine. Battu par la droite en 2001, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale pèse de tout son poids – en figurant dans les premiers de liste – pour qu’un socialiste prenne le contrôle de Saint-Ouen, une autre ville de sa circonscription, aux mains du PCF depuis 1945. « Le PS veut tuer les îlots de résistance politique et d’innovation sociale, mais aussi les lieux qui ont marqué l’histoire du travail et le passé industriel, pour faire entrer tout cela dans le moule social-libéral », accuse Patrick Braouezec, président de Plaine Commune. Un moule qui prévoit de regrouper Paris et sa petite couronne sous une organisation territoriale unique : la Métropole, que Claude Bartolone se verrait bien présider.

Illustration - L’OPA du PS sur la banlieue rouge


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