Espagne : La révolution selon Podemos
Nouveau test, dimanche 22 mars en Andalousie, à l’occasion des élections régionales anticipées, pour le jeune parti issu des « Indignés ». Un ovni politique qui veut dynamiter le système espagnol… Et européen.
dans l’hebdo N° 1345 Acheter ce numéro

L’euphorie est partout la même. Souvent grave et mêlée d’inquiétudes. Parfois légère et souriante. Avec un rituel identique, sous les néons d’une salle de réunion moderne du centre-ville de Séville, ou dans une salle polyvalente de la périphérie résidentielle ouverte aux quatre vents. Quel que soit leur âge, leur rang ou leur niveau d’éloquence, tous sont là pour parler. Longuement, parfois pour défaire ce qui vient d’être fait ou réinventer la participation citoyenne. Mais tous avec une frénésie rare. L’Andalousie, vaste région agricole au taux de chômage le plus élevé d’Europe (28 %), est appelée aux urnes le 22 mars pour des élections régionales anticipées. Podemos, apparu en janvier 2014 de la rencontre d’Izquierda anticapitalista (« Gauche anticapitaliste ») et de professeurs de l’université Complutense de Madrid, dont Pablo Iglesias fait partie, n’a pas encore élu ses dirigeants régionaux en Andalousie. Mais, depuis mai 2014 et son bon score aux européennes (8 %), son explosion n’en est pas moins fulgurante qu’ailleurs en Espagne. Séville ne comptait qu’un seul « cercle » de citoyens au lendemain du scrutin, ils sont 17 aujourd’hui. La candidature à l’élection régionale est emmenée par Teresa Rodriguez, une des figures nationales du mouvement. Elle incarne une ligne politique opposée à celle de Pablo Iglesias en demandant plus d’horizontalité dans le parti.
Dans chacune de ces assemblées de quartier, la rhétorique contagieuse du mouvement du 15M, dit des « Indignés », entend faire table rase du jeu politique espagnol. Beaucoup ont les mêmes mots à la bouche, comme un refrain. Plus qu’un parti, Podemos est
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