Le rapport caché d’une France 100 % verte

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Quelle place pour les énergies renouvelables en France ? Le colloque organisé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) les 14 et 15 avril devait se terminer par la présentation d'une étude annoncée en fanfare, aux conclusions inédites : l’électricité en France pourrait devenir 100 % renouvelable en 2050, sans que cela coûte beaucoup plus cher aux consommateurs. Une fanfare finalement ajournée. Sur le site de l’Ademe, le colloque s’intitule à présent plus modestement : « 40 % d’énergies renouvelables en 2050 : la France est-elle prête ? »

Mais c’était compter sans Médiapart, qui s’est procuré l’étude et l’a publiée sur son site. Pourquoi ce report ? interroge le site d'information. « Certains aspects doivent être confrontés avec les professionnels du secteur, notamment sur des points économiques » , répond le service de presse de l’Ademe. Il faut dire que cette étude tombe alors que la loi de transition énergétique est en cours d’adoption au Parlement. Celle-ci doit entériner l’objectif fixé par François Hollande : réduire la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité d’ici à 2025 (contre 75 % aujourd’hui) et augmenter celle du renouvelable à 40 %.

La justification de ce seuil ? Le maintien de l’atome serait nécessaire car moins onéreux. Pourtant, les estimations de l’étude montrent que le passage au tout-renouvelable (qui mixe l’éolien, le solaire, l’hydraulique et la géothermie) ne coûterait que 28 € de plus par mégawattheure soit 119 € contre 91 € actuellement. Ce coût « maîtrisé » , selon le rapport, fait quasiment jeu égal avec celui d’un modèle énergétique comprenant seulement 40 % d’énergies renouvelables. Dans ce cas, le coût est évalué à 117 €/MWh, 2 € de moins que dans le scénario à 100 %.

Interrogée par le journal Le Monde, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie explique : « Si mes services ont demandé à l’Ademe de faire preuve de cohérence [avec la politique énergétique du gouvernement], ils ont eu raison » . Ainsi, au gouvernement, la « cohérence » prime sur le débat.


Photo : DAMIEN MEYER / AFP

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