Dossier : La liberté d'informer en danger

La liberté d’informer en danger

Loin des grands discours sur la liberté d’expression, les attentats de début janvier ont donné lieu à un spectaculaire retour de bâton pour les libertés publiques.

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Elle est finie, et bien finie, la belle union de l’après- Charlie. Loin des grands discours sur la liberté d’expression, les attentats de début janvier ont donné lieu à un spectaculaire « backlash » (retour de bâton) pour les libertés publiques. On aurait pu attendre du pouvoir un soutien inconditionnel à ceux qui font vivre la démocratie contre l’obscurantisme. Quelle déception ! Mis à part une loi sur les aides à la presse pour les titres d’information générale, le drame de Charlie – triste ironie – aura été suivi de mesures portant directement atteinte à la liberté d’informer.

La loi sur le renseignement, d’abord, qui autorise une surveillance généralisée, dissuasive pour les lanceurs d’alerte et évidemment défavorable à ces poils à gratter que sont – ou devraient être – les journalistes. La directive européenne sur le secret des affaires, ensuite, qui entend protéger les puissantes multinationales contre les médias osant mener des enquêtes qui leur déplaisent. Autre inquiétude : le transfert dans le code pénal du « délit d’apologie du terrorisme », avec tout le flou que cette expression comporte, alors qu’il relevait jusqu’alors de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté d’expression et de la presse.

Sur fond de tensions identitaires croissantes, les médias sont dans le viseur de certains activistes, mais aussi des politiques les plus installés. Et ce dans l’indifférence quasi générale. Le « quatrième pouvoir » pris pour cible ? C’est le signe que la démocratie fiche le camp… et qu’au lieu de la défendre, on veut casser le thermomètre.


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