Grèce : Un plan « insensé » qui aboutira au Grexit
Un économiste libéral et deux économistes proches de Syriza analysent l’accord imposé à la Grèce par les créanciers. Correspondance à Athènes, Angélique Kourounis.
dans l’hebdo N° 1362 Acheter ce numéro

Il est une chose sur laquelle les économistes de droite comme de gauche sont d’accord : le plan de réformes imposé à la Grèce par les créanciers est un plan qui comporte essentiellement des mesures récessives. « Cela, pour au moins deux à trois trimestres », souligne Manos Hatzidakis, de Beta Securities, une agence de cotation entrée en Bourse. Pour lui, la seule solution pour limiter cette récession « est la mise en place très rapide des réformes structurelles » dont le pays à besoin. C’est-à-dire des réformes « qui ont une logique qualitative et non quantitative comme c’était le cas jusqu’à présent ». Le financier cite la libéralisation de métiers réputés fermés comme, entre autres, les notaires, les ingénieurs, ou l’ouverture des commerces le dimanche, mesure qui, selon lui, « avait porté ses fruits lorsque les conservateurs l’avait introduite ». Du Macron à la sauce grecque !
Pour cet homme, qui a voté « oui » au référendum du 5 juillet, le programme imposé de réformes d’un montant de 13,5 milliards d’euros est « très lourd », surtout pour un pays dont l’économie s’est dégradée avec la fermeture des banques. Selon lui, le maître mot est « confiance ». Quand la confiance sera « rétablie » entre la Grèce et les créanciers, assure-t-il, « les investisseurs vont revenir et, petit à petit, la situation se normalisera ». Mais complète-t-il, « il faudra constamment avoir un œil sur les déficits de façon à ne jamais les laisser dépasser les limites imparties ». Manos Hatzidakis est