RESF : un tissu très résistant
Entrelacement de luttes locales et d’engagements citoyens, sans hiérarchie, le mouvement lutte depuis près de douze ans contre les expulsions de jeunes et de familles sans papiers. Un objet militant étrange mais efficace.
dans l’hebdo N° 1382-1384 Acheter ce numéro

Ce 26 juin 2004, ils sont une centaine à s’être rassemblés à la Bourse du travail de Paris. Des enseignants, des parents d’élèves, des représentants d’organisations syndicales, d’associations ou de collectifs venant de toute la France. Tous partagent la même indignation face à une chasse aux sans-papiers qui se déroule jusque dans les salles de classe. Ils affirment qu’il est du devoir de la communauté scolaire de résister à cet arrachement de ses membres, dont la seule faute est de ne pas être « en règle ». Car ils sont persuadés qu’ensemble ils peuvent l’empêcher.
À l’époque, Armelle Gardien enseigne au lycée Jean-Jaurès de Chatenay-Malabry. « La question des lycéens sans papiers n’était pas neuve. Nous autres, professeurs, aidions déjà depuis plusieurs années des élèves “clandestins”. Mais, en 2003-2004, on a assisté à une multiplication d’affaires d’expulsions de jeunes scolarisés. » Dans plusieurs établissements, une résistance locale s’organise. On assiste à la création de petits collectifs, mobilisés contre l’expulsion de tel élève ou telle famille. Leur activisme attire l’œil des médias, qui relayent
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