La Belle Équipe : contre la déchéance de nationalité

Ingrid Merckx  • 1 février 2016
Partager :
La Belle Équipe : contre la déchéance de nationalité

« Je suis français et sénégalais. La déchéance de nationalité, je l’ai prise comme une insulte. » « Je suis française et chilienne… c’est comme si on me rejetait d’un coup ». « Je suis franco-marocain… je suis devenu un français de sursis. » « Je suis français et argentin. Binational, c’est ce qui me constitue… » Ils ont entre 20 et 40 ans. Vivent et travaillent à Paris ou en région parisienne. Ils ont deux origines, deux cultures, deux langues différentes. Ils témoignent face caméra de ce que la déchéance de nationalité déclenche chez eux : loin d’être un outil de lutte contre le terrorisme, cette mesure porte de quoi renforcer leurs sentiments de discrimination voire de relégation. Ainsi que la peur d’être amputés d’une partie d’eux-mêmes en cas de « délit », comme le projet de loi de réforme constitutionnelle qui arrive en discussion à l’Assemblée le 5 février le stipule.

Le tournage s’est déroulé pendant deux jours Théâtre de Dix Heures, dans le 18e arrondissement de Paris, où Yassine Belattar, humoriste, est co-directeur culturel. Avec la journaliste et productrice Chloé Juhel et l’animateur de radio et humoriste Thomas Barbazan, ils travaillent ensemble depuis dix ans : Beur FM, Le Mouv, Générations… Pendant ces années de compagnonnage, ils ont constitué un petit réseau de relations qu’ils ont eu envie de réunir au lendemain du 13 novembre. Besoin d’échanger sur ce qui c’était passé. Besoin de faire quelque chose : ils ont monté la Belle Équipe. Avec notamment Faty Tariverdi, Hind Medded (qui ont filmé et réalisé le film avec Chloé Juhel), Charlotte Recoquillon (géographe et directrice de Humanity In Action France), Bocar Niane (association An-Noor), Laeticia Nonone (Zonzon 93), c’est un collectif de militants de terrain, artistes, entrepreneurs, journalistes et chercheurs d’une cinquantaine de personnes mobilisées « pour restaurer l’égalité réelle et oeuvrer à une meilleure cohésion nationale ». Le nom du bar de la rue de Charonne dont la terrasse été décimée le soir des attentats s’est imposé de lui-même.

Ce film contre la déchéance de nationalité est leur première action.

Politique
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Municipales : à Lille, la gauche et le petit privilège de ses divisions
Reportage 13 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Lille, la gauche et le petit privilège de ses divisions

Écologistes et insoumis rêvent de prendre le beffroi alors que les socialistes veulent garder à tout prix leur bastion historique. Et à deux jours du premier tour, la question des alliances est déjà dans toutes les têtes.
Par Lucas Sarafian
Municipales : des listes citoyennes pour redonner confiance en la politique
Démocratie 13 mars 2026 abonné·es

Municipales : des listes citoyennes pour redonner confiance en la politique

Depuis 2020, une soixantaine de mairies sont gérées par des listes citoyennes. Un mouvement qui s’étoffe pour ces élections municipales, renforcé par le besoin de réconcilier les habitants avec la politique, et de faire front face à l’extrême droite.
Par Vanina Delmas
À Poitiers, la démocratie participative à l’épreuve des municipales
Reportage 13 mars 2026 abonné·es

À Poitiers, la démocratie participative à l’épreuve des municipales

Dans cette ville de la Vienne, la démocratie participative a été éprouvée pendant six ans par la maire Léonore Moncond’huy. Elle est au cœur des débats de cette campagnes… et de la division de la gauche.
Par Vanina Delmas
« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »
Entretien 13 mars 2026

« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »

Face à la maire Natacha Bouchart et à la poussée de l’extrême droite, la liste « Calais à gauche toute » veut rompre avec la politique d’hostilité menée contre les personnes exilées. Juliette Delaplace, figure associative et numéro deux de la liste, détaille comment une municipalité peut résister à la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant