Mobilisation importante contre la réforme du code du travail

Près de 250 manifestations dans toute la France étaient prévues, ce 9 mars, pour demander le retrait de la loi El Khomri, principalement à l'appel d'organisations de jeunes. Notre direct.

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Après les claviers, les pavés. Avec plus de 1,2 millions de signatures à ce jour, la pétition en ligne "Loi Travail: non merci!" a révélé l'ampleur de la contestation visant le projet de loi El Khomri. Mais le succès de cette mobilisation 2.0 allait-il se traduire dans la rue par des défilés importants? C'est la question que l'on pouvait se poser ce matin, à l'aube d'une journée de mobilisation initiée par un appel citoyen auquel se sont rapidement ralliés les syndicats étudiants et lycéens, puis la CGT, FO, la FSU et Solidaires. A la mi journée, le bilan était déjà encourageant. En fin de journée, il était carrément positif avec 400.000 à 500.000 manifestants dans toute la France, selon l'Unef et FO. Malgré le froid et la pluie, la réussite de ce tour de chauffe après à peine trois semaines de mobilisation a de quoi inquiéter le gouvernement.

17h10

16h10

16.00

15h50. 10.000 manifestants à Nantes, selon la préfecture, où une partie de la manif qui a continué jusqu'à la gare est dispersée par des tirs de gaz lacrymogène.

15h30. La manifestation parisienne s'ébranle avec retard.

14h50. Dans ce rassemblement, Anaïs Vrain, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, interrogée par Politis, estime qu’il n’y a plus de négociation possible. Elle appelle à la poursuite de la mobilisation :

La loi travail est un démantèlement de la protection des salariés. Cette loi marginalise le travail du juge qui n’aurait plus son mot à dire, notamment concernant le plafonnement des indemnités de licenciement. (…) Le gouvernement veut faire passer un texte qui fait croire que la protection des salariés amène le chômage. Or les résultats économiques viennent de choix politiques. Et nous sommes interloqués par ceux du gouvernement.

14h30. Ils sont plusieurs milliers d'étudiants et lycéens, auxquels se sont mêlés parfois des salariés, place de la République, à l'appel de syndicats et organisations de jeunesse (Unef, UNL, FIDL, MJS, Jeunes communistes, EELV, Front de gauche...). On n’a pas vue une manif aussi dense depuis longtemps à Paris... Sans doute depuis le CPE, il y a dix ans. Et ce sont surtout les jeunes qui donnent de la voix. Dominique, cadre dans une grande entreprise, prend part au slogan « la jeunesse est dans la rue ». « Il n'y a pas que les travailleurs dans la rue, il y a aussi les futurs travailleurs. » « Ce mouvement c'est la porte ouverte à la convergence des luttes », estime Youli, une militante coiffée d’un crêpe noir. Une étudiante de Paris8 nous informe qu’« après la manif il y aura une coordination Ile-de-France » et un nouveau « rendez-vous dans la rue le 17 mars ». « Il faut se promettre de continuer », poursuit-elle.

14h00. Les manifestants du défilé syndical, via le métro, et les étudiants en cortège convergent vers la place de la République où les premiers lycéens parisiens sont arrivés vers 12h45.

12h30. Plusieurs milliers de personnes ont défilé à la mi-journée du siège du Medef en direction du ministère du Travail à Paris aux cris de « Loi Travail: non merci! ». En tête du cortège figuraient notamment les numéros un de la CGT (Philippe Martinez), de FO (Jean-Claude Mailly) et de la FSU (Bernadette Groison), sous une sobre banderole: « Code du travail: retrait du projet de loi El Khomri ». « On demande le retrait (du projet). Plus que jamais, il faut remettre les compteurs à zéro pour un code du travail qui protège vraiment les salariés », a déclaré Philippe Martinez, évoquant « une mobilisation qui monte ». « On rentre dans un bras de fer dont personne ne connaît l'issue », a de son côté affirmé Jean-Claude Mailly.

© Politis

©MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Dans ce cortège, Gisèle, les cheveux gris, coupés courts, est venue avec sa pancarte « Loi travail: tout pour l'employeur, rien pour le salarié ». « Il faut que la lutte se développe », explique cette cégétiste. « Ce projet de loi, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase », souligne Mélanie, un autocollant « La France insoumise » sur la veste. Elle aussi syndiquée à la CGT, elle ne se dit « pas surprise », elle n’a « jamais cru à ce gouvernement ». Trois jeunes, Sarah, Andrieu, Nicolas, se présentent comme proches de Les Républicains ou du FN : « Cette manif est plutôt de gauche, mais on est contre la loi donc on manifeste », nous confient-ils.

11h45. Premières manifestations en région. Les réseaux sociaux font état d'une bonne mobilisation dans plusieurs villes



11h10. A l'université de Tolbiac, l'amphi est trop petit pour accueillir tous les participants à l'Ag et les étudiants réquisitionnent le plus grand. Ils sont 700.

Un militant du NPA parle d'une démission de Valls, il est ovationné par les étudiants présents qui reprennent en chœur « Valls démission ».

11h00. A cette heure, le ministère de l'Education nationale comptabilisait (dans un communiqué) 90 lycées bloqués pour environ 2.500 lycées publics en France. Une communication qui pourrait bien inciter les contestataires à faire monter le compteur...

9h00. Le site Paris-luttes.info recense déjà une vingtaine de lycées bloqués dans la capitale. Les lycéens les plus déterminés se sont levés tôt pour bloquer l'entrée de leur établissement.


Direct réalisé avec nos journalistes sur place Erwan Manac'h, Lena Bjurström, Vanina Delmas, Chloé Dubois.

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