Sois certain qu’on ne m’y prendra plus

Y-a-t-il une volte-face où ces renégat(e) s halluciné(e)s ne se soient pas vautré(e)s ?

Sébastien Fontenelle  • 2 mars 2016
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Peut-être te le rappelles-tu : il m’est arrivé quelques fois, dans l’espace congru de ces deux feuillets (dont je réclame l’élargissement depuis la reddition de feu Vercingétorix), de me montrer, quand j’évoquais les « socialistes » , un peu virulent (UPV).

Et tu sais quoi ? Je veux faire ici un mea culpa, car j’avais tort. Je le reconnais bien volontiers, en même temps que très humblement : j’a-vais-tort.

En vérité, je te le dis : je n’aurais jamais – jamais – dû me contenter de n’être qu’UPV dans mes adresses à ces innommables personnages.

Mais ce temps de la pusillanimité est tout à plein révolu, je peux te l’assurer : vient celui, désormais, de l’énoncé, distinct et net, que ces misérables me font gerber – à très longs traits, et chaque jour un peu plus.

« Misérable (en parlant d’une personne) : qui provoque l’indignation. » C’est pas moi qui le dis : c’est le dico en ligne de l’université de Caen – un endroit merveilleux, soit dit en passant, où je passe de longues heures à me perdre, par exemple, dans d’extasiantes synonymies [^1].

Et, franchement : est-ce que cette définition n’est pas l’une des meilleures qui se puissent donner de nos (façon de parler) « socialistes » régnant(e)s ?

De ces gens qui proclament, lorsqu’ils quémandent ta voix en priant pour que tu comptes au nombre des derniers gogos insensibles à l’évidence qu’ils sont d’une droite non moins sordide que celle de M. Sarkozy, que « la finance » est leur « principal ennemi » – puis qui, dès que tu les as, comme un(e) imbécile, remis dans l’Élysée, s’empressent de la gaver de dizaines de milliards d’euros, non sans lui retailler sur mesure un code du travail libéré des pesanteurs du progrès social ?

De ces sombres fripouilles [^2] qui promettent, lorsqu’elles racolent les votant(e)s, de « lutter contre le délit de faciès dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens » – engagement pris en 2012 par le candidat Hollande – avant de les justifier, lorsqu’elles sont aux affaires, par le fait qu’il serait légitime de contrôler, pour lutter contre de possibles infractions à la législation en vigueur, et sur la seule foi des couleurs de sa peau, « la seule population dont il apparaît qu’elle peut être étrangère » – comprendre « les Arabes » et « les Noirs », avec sans doute aussi quelques Noiches, pour montrer qu’on n’est pas non plus complètement sectaires ?

De ces infamant(e)s adeptes de la déchéance de nationalité, si chère naguère à M. Pétain, qui s’offusquent lorsque tu oses suggérer que leurs chaussettes à clous puent le vichysme ?

Franchement : y a-t-il une volte-face où ces renégat(e)s halluciné(e)s ne se soient pas vautré(e)s ?

No, Sir – et je m’en veux décidément, à un point que tu n’imagines pas, d’avoir été si retenu quand on se parlait de ces minables : sois certain(e) qu’on ne m’y prendra plus.

[^1] Si tu veux faire pareil, c’est là : www.crisco.unicaen.fr/des/

[^2] « Fripouille : personne sans scrupule qui ne recule devant aucun moyen pour servir ses intérêts. » Même source.

Publié dans
De bonne humeur

Sébastien Fontenelle est un garçon plein d’entrain, adepte de la nuance et du compromis. Enfin ça, c’est les jours pairs.

Temps de lecture : 3 minutes
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