Le terrible aveu d’échec de Hollande

Denis Sieffert  • 1 décembre 2016
Partager :
Le terrible aveu d’échec de Hollande
© Photo: Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas

La voix blanche, la tête souvent inclinée vers ses notes, François Hollande a annoncé jeudi soir, dans une brève allocution télévisée, qu’il renonce à solliciter un deuxième mandat. Le Président a soufflé le chaud et le froid tout au long de son intervention, égrainant d’abord un bilan qu’il a jugé, contre toute évidence, positif, y compris sur le chômage, et ne concédant qu’une erreur, la déchéance de la nationalité. Ce qui pouvait précéder l’annonce d’une candidature. Ménageant ses effets jusqu’au bout, François Hollande a finalement affirmé être « conscient des risques d’une démarche qui ne rassemblerait pas autour d’elle ». Il s’est voulu « lucide ». Il l’a été en effet, in extremis. Car tout indique qu’il n’avait strictement aucune chance de l’emporter en 2017, et même de franchir le premier tour. Quoi qu’il ait prétendu, c’est un terrible bilan d’échec. Il était presque tragique d’entendre ainsi un président de la République jeter l’éponge en reconnaissant qu’il était devenu lui-même un obstacle à l’unité de la gauche.

On attend maintenant l’entrée en lice du « remplaçant ». Manuel Valls, qui n’a cessé de savonner la planche, a réussi son travail de sape. Il sera un autre candidat, plus autoritaire. L’homme de l’affrontement des « deux gauches », l’homme du 49-3. Mais il aura lui aussi à assumer un bilan calamiteux. Et rien n’indique que cela sera beaucoup plus facile pour un homme qui incarne, peut-être plus encore que François Hollande, la dérive droitière du Parti socialiste.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis
« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »
Entretien 19 février 2026 abonné·es

« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »

Un militant du collectif antifasciste La Horde analyse la manière dont les groupes qui luttent contre l’extrême droite sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, alors que des personnes militant à la Jeune Garde ont été interpellées suite à la mort de Quentin Deranque.
Par Olivier Doubre
Municipales : à Vaulx-en-Velin, l’union de la gauche peut attendre
Reportage 18 février 2026 abonné·es

Municipales : à Vaulx-en-Velin, l’union de la gauche peut attendre

Plus que jamais, le torchon brûle dans cette grosse ville populaire de l’est lyonnais. Le PS et LFI s’y écharpent autour des élections municipales, entraînant les écolos et les communistes dans leur sillage.
Par Oriane Mollaret
Municipales : à Strasbourg, Jeanne Barseghian à l’épreuve de la guerre des gauches
Reportage 18 février 2026

Municipales : à Strasbourg, Jeanne Barseghian à l’épreuve de la guerre des gauches

Élue en 2020 à la tête de la mairie de Strasbourg, l’écologiste doit faire face à la concurrence de deux autres listes de gauche, une insoumise et une socialiste. Cette dernière, menée par l’ancienne maire de la ville Catherine Trautmann, compte bien refermer la parenthèse verte dans la capitale alsacienne.
Par Noé Megel