Élisabeth Badinter ou Mme Verdurin ?

Invitée dans la matinale de France Inter le 7 février en qualité de présidente du prix du Livre Inter, la philosophe s’est livrée à une analyse percutante.

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À la manière d’un Pierre Desproges se demandant qui était l’intrus parmi les prénoms suivants – Jean-Edern, Bernard-Henri, Rika, Pierre –, interrogeons-nous sur ces quatre personnes : Alain Mabanckou, Jean-Christophe Rufin, Agnès Desarthe et Élisabeth Badinter. Point commun ? Ce sont les quatre derniers présidents du prix du Livre Inter, qui couronne chaque année un ouvrage de littérature. Différence ? Contrairement aux trois autres, Élisabeth Badinter n’a jamais publié de romans, de nouvelles ou même de poèmes. Mais qu’à cela ne tienne ! Ne développe-t-elle pas des vues brillantes sur l’art littéraire ? N’est-elle pas curieuse d’œuvres aux formes singulières et d’authentiques écrivains méconnus ? 

Invitée dans la matinale de France Inter le 7 février en qualité de présidente du prix, elle s’est livrée à cette analyse percutante : « L’imagination peut tout se permettre, aller un peu plus loin que le réel, mais pour vous faire mieux comprendre le réel. La fiction peut être absolument révolutionnaire. » Comme Élisabeth Badinter l’avait précisé en préalable : « La dispute littéraire peut être parfois trop sophistiquée à mon goût. » Rassurons-la : elle a de la marge… Son auteur de chevet ? Le sous-médiatisé Houellebecq, pour une raison fort originale : « Il m’a fait comprendre la société contemporaine à travers ses romans beaucoup mieux qu’aucun autre livre. » Et d’énoncer ce slogan à rendre jaloux les créatifs de Publicis : « Houellebecq est le plus grand sociologue français. » Propos inouï, même au bar La Civette, où pourtant on excelle en brèves de comptoir.

À l’entendre quelques minutes plus tôt condamner la « laïcité ouverte »« qui n’est plus de la laïcité » – prônée par « une partie de la gauche, dont certainement M. Hamon », on se disait qu’elle voyait aussi dans l’auteur de Soumission un être de la même trempe qu’elle, qui n’a plus peur d’être traitée d’islamophobe. Apprenant que 70 % des lettres de candidature pour être juré sont rédigées par des femmes, elle en déduit scientifiquement que celles-ci lisent plus que les hommes et donc sont plus intelligentes. Cette dame, si sensible au sort de François Fillon, victime selon elle d’une « chasse à courre », est, comme le disait Pierre Desproges, la philosophe au niveau le plus « bas d’Inter ».


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