Venezuela : Un pays en marche vers le gouffre

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Lentement mais sûrement, le pays progresse vers le chaos. Depuis début avril, la répression des manifestations qui réclament des élections anticipées au gouvernement chaviste de Nicolás Maduro s’est soldée par vingt-quatre morts et des centaines de blessés. 

Cette montée subite de la violence, qui n’avait pas connu un tel niveau depuis 2014 (43 morts), fait suite au regain de protestations déclenché par une manœuvre qui a scandalisé l’opposition et troublé jusque dans les rangs chavistes : le 30 mars, la Cour suprême (sept juges nommés par le Président) s’arrogeait le pouvoir législatif et décrétait la levée de l’immunité des parlementaires. 

Le pouvoir a rapidement fait marche arrière devant le tollé provoqué par cet ultime coup dans la partie de bras de fer politique qui le confronte à l’opposition de droite, depuis que Nicolás Maduro a été élu, en 2013, dans des conditions contestables, pour succéder à Hugo Chávez.

Fin 2015, le gouvernement a subi une déroute aux législatives, et l’Assemblée nationale entrave depuis toutes ses initiatives. Dans la foulée, l’opposition hétéroclite (dont le leader a été condamné à quinze ans d’inéligibilité) a engagé un processus de destitution du Président, que les autorités sont parvenues à geler par une bataille procédurale et en raison d’irrégularités. 

À ce blocage politique s’ajoute une crise économique brutale : le pays est étranglé par la chute des cours du pétrole, dont ses rentrées dépendent presque intégralement. Dette, pénurie, inflation (700 % en 2016 selon le FMI)… La population, à bout, est la première à faire les frais d’une dégringolade que Maduro ne parvient pas à enrayer, accroché à un pouvoir de moins en moins légitime.


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