Twitter : Les algorithmes ont bon dos…

En quelques jours, plusieurs comptes de militantes féministes ont été suspendus par le réseau social.

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Dans la vie réelle, quand une question dérange, elle est éludée. Sur les réseaux sociaux, elle peut être supprimée ; et la personne qui l’a posée, bannie de la communauté. Plusieurs militantes féministes en ont fait l’expérience la semaine dernière. Alors que la sortie du livre de Camille Kouchner, La Familia grande (Seuil), a remis en plein cœur de l’actualité la question des violences sexuelles – #MeTooInceste, #MeTooGay –, plusieurs usager·ères du réseau social se sont interrogé·es : n’est-on pas face à un problème culturel, sociétal, systémique ? « Il y a savoir, entendre, lire et compter. Violences sexuelles massives contre les femmes, les enfants, les hommes gays. Et une question de civilisation : comment fait-on pour que les hommes cessent de violer ? » s’est interrogée sur Twitter la militante féministe et antiraciste Mélusine. La question, légitime quand on sait que, dans 95 % des cas de viol, les auteurs sont des hommes (enquête Virage, 2015), a néanmoins été censurée par le réseau social, et l’autrice du tweet bannie durant douze heures. Plusieurs autres militantes – au moins sept, selon le compte du site d’information Numérama – ont connu le même sort. Motif : « infraction aux règles de Twitter » relatives aux « conduites haineuses ».

Face au tôlé provoqué par ces évictions, Twitter a admis une « erreur » dans la modération des contenus, a réactivé ces comptes et a rejeté la faute sur ses algorithmes. Les équipes ont récemment augmenté l’« utilisation du machine learning et de l’automatisation afin de prendre plus de mesures sur les contenus potentiellement abusifs et manipulateurs », se justifie la firme. Mais, outre ce bug, on s’interroge : combien de signalements à la plateforme faut-il pour qu’elle décide de supprimer un tweet ou de bloquer un compte ? Qui sont ces personnes à s’être senties si offensées par cette question ? Ne sommes-nous pas dans un déni collectif face aux violences sexuelles et à leurs auteurs ? Comment faire, in fine, pour que les hommes cessent de violer ?


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