Donald Trump se pose en victime

Le président américain crie à la « chasse aux sorcières » au lendemain de la nomination d’un procureur spécial dans l’enquête sur ses liens avec la Russie.

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Des tweets matinaux. Voilà la réponse de Donald Trump face à la nomination d’un procureur spécial indépendant de la Maison Blanche dans l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle. Après avoir utilisé un moyen plus traditionnel pour un président – un communiqué de presse –, Donald Trump revient à ses vieilles habitudes. Il a utilisé une nouvelle fois Twitter pour montrer son mécontentement.

« C'est la plus grande chasse aux sorcières visant un politicien de l'histoire américaine ! » a-t-il tweeté. Par ailleurs, il mentionne une nouvelle fois des « actes illégaux » dans la campagne de Hillary Clinton et l’administration de Barack Obama en s’indignant qu’aucun procureur n’ait été désigné à l’époque.

Le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, a annoncé la nomination de l’ex-chef du FBI, Robert Mueller, au poste de procureur spécial. Cette nomination vise à isoler les investigations du pouvoir politique, lui octroyant des pouvoirs élargis. À 72 ans, l’ancien patron du FBI sous les présidents George Bush et Barack Obama est très respecté à Washington. Réputé pour son indépendance et sa résistance face aux pressions, ce choix contente à la fois les Républicains et les Démocrates.

L’impeachment en vue ?

C’est deux dernières semaines ont été difficiles pour le locataire de la Maison Blanche. Il a multiplié les scandales. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase au point que le mot d’« impeachment » soit évoqué. Des élus démocrates, en premier le représentant du Texas Al Green, ont en effet appelé au lancement de cette procédure de destitution contre le milliardaire. Une minorité de Républicains a soutenu cet appel, à la suite du représentant du Michigan Justin Amash. Il a déclaré que si les dires sont vérifiés, la destitution sera obligatoire. La probabilité d’impeachment se rapprocherait donc.

Mais, tout n’est pas aussi simple. Si les accusations à son encontre peuvent permettre le déclenchement d’une procédure, plusieurs conditions ne sont pas réunies. Malgré l’appui de certains Démocrates, cette procédure d’impeachment est prise avec des pincettes par la cheffe du groupe démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi : « Je ne soutiens pas cela. Sans dossier, on ne ferait que participer aux rumeurs. » Sans une union de tous les Démocrates, la destitution paraît compliquée face à un bloc républicain qui souhaite soutenir son poulain coûte que coûte, au moins jusqu’aux mid-term elections (élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre 2018).

Donald Trump a certes du souci à se faire, mais l’impeachment du président américain n’est pas pour maintenant. Sauf si Donald Trump commet d'autres fautes. Ce qui n'est jamais exclu…


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