Mélenchon : Ce qu’il veut (vraiment)
Après son bon score à la présidentielle, le candidat de La France insoumise entend unifier la gauche sous la houlette de son mouvement. Même s’il en coûte du sang et des larmes.
dans l’hebdo N° 1454 Acheter ce numéro

Du point de vue de l’électeur « banalement » de gauche, l’attitude de Jean-Luc Mélenchon, ces dernières semaines, a de quoi interroger. Son discours sinistre au soir du premier tour de la présidentielle, son refus d’appeler clairement à un vote barrage contre Marine Le Pen, son attitude franchement hostile à l’égard de son ancien allié communiste. Et maintenant sa candidature aux législatives en face d’un candidat socialiste – certes, pas un « frondeur », mais tout de même – dans la 4e circonscription de Marseille…
Depuis sa défaite au premier tour, le candidat aux 7 millions d’électeurs a redoublé d’agressivité. Non pas tant à l’égard de la droite, du Front national, ou même d’Emmanuel Macron, que vis-à-vis du PCF et, surtout, des socialistes « macronisés ». Des « crevards » à qui il réservait un bouquet final d’invectives lors de son discours clôturant le grand raout de samedi dernier à Villejuif, devant les candidats à la députation investis par La France insoumise (FI).
Alors, à quoi joue Mélenchon ? Quoi qu’en disent nombre d’observateurs de la vie politique, les vieilles rancœurs contre le parti qu’il essaya, en vain, de « gauchir » pendant trente ans, ou le caractère réputé volcanique du candidat, sont loin d’expliquer ce bruit et cette fureur. En « homme méthodique », l’ancien trotskiste poursuit une stratégie tout à fait claire : « Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer », lançait-il la semaine dernière devant des journalistes. Traduisez : faire de la FI le nouveau parti hégémonique à gauche.
Tel un éléphant dans un magasin de porcelaines, Jean-Luc Mélenchon a donc décidé de casser,