« L’Oubli », de Philippe Forest : L’attraction d’un vide

Dans L’Oubli, Philippe Forest imagine, à partir de la perte d’un mot, un cheminement voué à maintenir vivant le souvenir des disparus.

Christophe Kantcheff  • 31 janvier 2018 abonné·es
« L’Oubli », de Philippe Forest : L’attraction d’un vide
© photo : Catherine Hélie

U n matin, un mot m’a manqué. » Voilà un incipit économe en moyens mais qui ouvre nombre de voies possibles. C’est le début d’un texte qui résonne plus qu’il ne raisonne. Le nouveau roman de Philippe Forest, L’Oubli, déploie une ligne narrative dans une chambre d’échos multiples. Il mêle étroitement la spéculation au récit poétique. Produisant sans discontinuer un bouquet de sens, propices au songe et à l’échappée lointaine…

Un matin, une absence, donc. Événement anodin ? Pas certain. Surtout si l’on se met en quête, comme le fait le narrateur, du mot fugueur. Une quête qui va le mobiliser tout entier. Il en a la disponibilité : le narrateur s’est « réfugié » sur une île, en rupture avec son travail, ses relations, sa vie ordinaire quelque part sur le continent. Il ne s’accorde pas un luxe. Il assure en outre ne pas être « dépressif », un qualificatif dont, par ailleurs, il se méfie parce qu’il sert « surtout à disqualifier les gens qui [ont] décidé de prendre enfin au sérieux les questions essentielles ». Pour lui, la recherche de ce

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Littérature
Temps de lecture : 5 minutes