Yémen : Conflit sans fin et crise humanitaire
Alors que les bombes saoudiennes et le blocus font des milliers de victimes, quelle réaction de la communauté internationale ?
dans l’hebdo N° 1496 Acheter ce numéro

En mars 2015, une coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite lançait ses premières frappes au Yémen contre l’alliance des rebelles houthis. Trois ans plus tard, le pays sombre dans l’une des plus grandes crises humanitaires du globe et la fin des combats semble toujours illusoire. Car, à mesure que le conflit s’éternise, il se complexifie. « La dynamique de guerre fait surgir de nouveaux acteurs qui luttent pour leur part de pouvoir », souligne Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Yémen. Les rapports de force se sont multipliés et les alliances renversées sur un territoire plus que jamais morcelé.
Retour en 2014. Au nord du pays, le groupe armé houthi – se réclamant du zaydisme, une branche du chiisme – se ligue avec son ancien ennemi, l’ex-président Ali Abdallah Saleh, renversé par le « printemps yéménite » en 2011. L’alliance nordiste s’empare de la capitale, Sanaa. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, élu en 2012, fuit à Aden, d’où il appelle la communauté internationale à l’aide, puis en Arabie saoudite. L’alliance nordiste marche vers le sud et s’empare d’Aden. Pour Franck Mermier, le conflit prend alors un tournant. « Les houthis