L’appel de la forêt

Étouffés par leur existence, des individus et des communautés trouvent dans la nature l’oxygène d’une autre vie.

Daryl Ramadier  • 25 juillet 2018 abonné·es
L’appel de la forêt
photo : « Into The Wild », de Sean Penn (2007), retrace la vie de Christopher McClandless, parti vivre seul dans une forêt d’Alaska.
© Collection Cinema/Photo12/AFP

Peut-on avoir « recours » à la forêt, comme le théorisait l’écrivain Ernst Jünger en 1951 ? La forêt pour refuge, idée polysémique qui sous-entend à la fois le subi et le choisi, le péril et le sauvetage, le physique et le symbolique. En découle une abondance de démarches, comme le rappelle le sociologue David Le Breton dans La Saveur du monde (Métailié, 2006) : il y a « la forêt du chercheur de champignons, du flâneur, du fugitif, de l’Indien, du chasseur, du garde-chasse, du braconnier, des amoureux, des égarés, des ornithologues, des animaux, de l’arbre, du jour, de la nuit. Il n’y a pas de vérité de la forêt, mais une multitude de perceptions selon les angles d’approche, les attentes, les appartenances sociales et culturelles ».

La forêt est d’abord un lieu de quête méditative, comme en témoigne la réclusion religieuse à laquelle s’adonnent divers pratiquants. On vient y chercher l’introspection existentielle. Dans Walden, livre de 1854 qui inspira des

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Société Écologie
Publié dans le dossier
Aux arbres, citoyens !
Temps de lecture : 5 minutes