Le Touareg, les bijoux et l’école du désert
Chaque année, Attefock Amo vient vendre en France l’artisanat de sa communauté du Niger. Une manne pour les siens, qui vivent dans le Ténéré, une zone sinistrée par le terrorisme.
dans l’hebdo N° 1517 Acheter ce numéro

© Marie-Pascale Vincent
Depuis que la région connaît violences et instabilités, les étrangers ont cessé de fouler le sable du grand Ténéré, l’un des plus beaux déserts du monde, au nord du Niger. Privés des revenus qu’ils tiraient du tourisme, les Touaregs ont sombré dans la misère. Alors, chaque année, Attefock Amo se rend en France pour vendre les bijoux fabriqués par une coopérative d’artisans à Iférouane. La recette permettra aux siens de manger à leur faim pendant quelques mois. Ancien instituteur, membre fondateur du Festival de l’Aïr et des cultures touareg, Attefock voudrait monter une école du désert pour que son peuple sorte de la marginalité.
Sur le marché du Festival de la correspondance à Grignan, dans la Drôme, Attefock, qui porte fièrement ses habits touareg – « le bleu constitue le costume de tous les jours, le blanc est réservé à la fête » –, est pris en photo par une passante, qui ignore le panneau au-dessus du stand, où il est expliqué que l’achat d’un bijou permet à une famille de vivre pendant plusieurs semaines. Malgré l’éclat de l’argent et des pierres, la photographe ne s’intéresse pas plus aux bagues et aux bracelets. Mais, comme pour faire oublier ces négligences, elle agite frénétiquement son téléphone portable sous le nez d’Attefock, avec la généreuse intention de lui envoyer le cliché.
Sans se départir de son sourire, Attefock s’offusque à peine d’un tel manège. Il en a l’habitude. Sous ce platane qui lui sert d’arbre à palabres, l’homme vend des ornements mais aussi sa culture. « Ces bijoux et leurs gravures sont comme des livres, ils racontent une histoire, celle du peuple touareg. Le Touareg est pauvre, mais, quand il a un peu d’argent, il achète
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