Sahra Wagenknecht : La femme qui ébranle la gauche allemande

Figure de Die Linke, Sahra Wagenknecht a lancé un mouvement ciblant les migrants. Bien qu’elle appelle à l’union des gauches, elle semble surtout s’aligner sur la rhétorique de l’extrême droite montante.

Rachel Knaebel  • 19 septembre 2018 abonné·es
Sahra Wagenknecht : La femme qui ébranle la gauche allemande
© photo : Roland Weihrauch/DPA/AFP

À peine né, il revendique déjà 100 000 personnes ayant manifesté leur intérêt. Le mouvement Aufstehen, lancé officiellement début septembre par Sahra Wagenknecht, chef du groupe du parti de gauche Die Linke au Bundestag, est pour l’instant, certes, plus une simple plateforme sur Internet qu’un véritable parti. Et ces 100 000 personnes ont juste rempli un formulaire en ligne et donné leur adresse email. Reste que le nouveau mouvement, que Wagenknecht annonçait déjà depuis plus de six mois, risque fort de bouleverser le paysage politique de la gauche allemande.

Aufstehen signifie à la fois « debout » et « se soulever » en allemand. Contre quoi Sahra Wagenknecht veut-elle se soulever ? « Les sociaux-démocrates, Die Linke et les Verts avaient, jusqu’aux dernières élections, la possibilité de gouverner ensemble. Ils ne l’ont pas utilisée », a-t-elle déploré lors de la conférence de presse de lancement. C’est contre ce constat d’échec que le mouvement ambitionne d’agir : pour un rassemblement des gauches. Le projet fait évidemment penser à la France insoumise, à laquelle Sahra Wagenknecht fait régulièrement référence. La députée aime également comparer son projet à Momentum, l’organisation créée en 2015 en parallèle du Labour, juste après l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti britannique, et qui est devenue comme un parti à l’intérieur du

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

En Iran, le peuple veut choisir librement son destin
Décryptage 21 janvier 2026 abonné·es

En Iran, le peuple veut choisir librement son destin

Dans la rue depuis le 28 décembre malgré une répression meurtrière, les Iraniennes et les Iraniens, d’abord mobilisés contre les conséquences de l’hyperinflation, poursuivent aujourd’hui un combat contre un régime devenu symbole de coercition, à la croisée de crises multiples.
Par Isabelle Avran
« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »
Entretien 21 janvier 2026 abonné·es

« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »

Fondé en 1981, le Conseil national de la résistance iranienne se présente comme un « parlement en exil » et une alternative politique de transition. Afchine Alavi revient sur son histoire, sa stratégie de front uni et les perspectives d’un avenir iranien débarrassé à la fois des mollahs et de la monarchie.
Par William Jean
Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »
Entretien 19 janvier 2026 abonné·es

Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »

Depuis Kyiv, l’avocate et militante ukrainienne pour les droits de l’homme qui dirige le Centre pour les libertés civiles, avec qui elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 2022, raconte un pays qui s’apprête à entrer dans sa cinquième année de guerre. Elle dénonce un système international obsolète, incapable de punir le crime d’agression commis par les dirigeants russes.
Par Hugo Lautissier
Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN
Sport 16 janvier 2026 abonné·es

Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN

Compétition cruciale pour tout un continent et sa diaspora, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) porte en elle – et c’est moins connu – une dimension politique liée à l’histoire des décolonisations.
Par Kamélia Ouaïssa