En France, un prolétariat nomade

Encouragés par l’État, au profit des classes aisées, les services à la personne sont certes réglementés, mais les droits des travailleurs restent difficiles à garantir.

Lena Bjurström  • 9 janvier 2019 abonné·es
En France, un prolétariat nomade
© photo : Mint Images/AFP

On les pensait révolus au siècle dernier. Mais les emplois domestiques en France ne se sont pas tant éclipsés que transformés. Exit l’antique domesticité qui vivait chez ses maîtres, on ne dit plus « employés de maison », mais « employés des services à la personne ». Formalisé par de nouvelles politiques publiques au début des années 1990, le secteur n’a cessé de croître depuis. Ménage, garde d’enfants, jardinage, préparation de repas, soutien aux personnes âgées ou handicapées… En France, plus d’un million de personnes travaillent au domicile d’environ 3,5 millions d’employeurs, dans un secteur qui représente aujourd’hui près de 5 % de l’emploi total.

Incitations fiscales

Rassemblant pêle-mêle des métiers d’assistance non médicale aux personnes dépendantes ou à la petite enfance et des prestations de ménage dites « de confort » aux personnes valides, le domaine des services à la personne s’est formalisé autour de la figure d’un « particulier employeur », soutenu financièrement par l’État au moyen d’allocations, de mesures de simplifications administratives, mais aussi et surtout de crédits d’impôt et d’exonérations de cotisations sociales et patronales. Un système qui devait tout à la fois sortir les emplois domestiques existants de la clandestinité, résorber le chômage et répondre à de nouveaux besoins sociaux.

Sur le papier,

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