France/Syrie : Macron abandonne les enfants de jihadistes

Les enfants du jihad, partis en Syrie avec leurs parents ou nés là-bas, voient leur sort suspendu par les autorités françaises.

Politis  • 6 mars 2019
Partager :
France/Syrie : Macron abandonne les enfants de jihadistes
© Delil SOULEIMAN/AFP

Ils sont surnommés les « petits revenants ». Les enfants du jihad, partis en Syrie avec leurs parents ou nés là-bas, voient leur sort suspendu par les autorités françaises. Le 28 février, trois avocats de familles de jihadistes, Marie Dosé, Martin Pradel et William Bourdon, ont déposé une plainte contre la France auprès du Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Deux jours auparavant, Me Dosé avait accusé Paris de « laisser crever des enfants en zone de guerre » au mépris de toutes les conventions protégeant les droits de l’enfant. « Ma priorité, ce sont les enfants français, orphelins, dont les autorités françaises n’ont que faire, qui sont des victimes de guerre dans des conditions souvent terrifiantes. Des enfants à qui on a promis un rapatriement et qu’on a abandonnés », a-t-elle déclaré en dénonçant un « désastre humanitaire ».

Les grands-parents, oncles ou tantes de ces enfants, qui se désespèrent de ne pas pouvoir s’occuper d’eux après la disparition de leurs parents, ont plusieurs fois alerté le président de la République. Ces enfants seraient une centaine dans des camps au Kurdistan syrien. Le 1er mars, un sondage France Info-Le Figaro révélait que sept Français sur dix (67 %) souhaitaient que les enfants de jihadistes français restent en Irak et en Syrie.

Le Comité des enfants de l’ONU n’a aucun pouvoir de sanction, mais peut exiger d’un État qu’il prenne des mesures provisoires. « Il faut mettre les moyens pour comprendre, parler à ces enfants, a insisté Me Pradel, leur expliquer ce qui s’est passé dans leur vie pour que jamais cette épreuve qu’ils vivent aujourd’hui ne soit un problème de sécurité plus tard pour les Français. »

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

De Genève aux geôles de Téhéran : le nucléaire iranien, seul levier diplomatique
Analyse 26 février 2026 abonné·es

De Genève aux geôles de Téhéran : le nucléaire iranien, seul levier diplomatique

Alors que le troisième cycle de négociations entre Washington et Téhéran a eu lieu ce 26 février à Genève, le fleuron de la flotte américaine met le cap sur le détroit d’Ormuz. Entre calculs électoraux américains et menaces d’escalade iranienne, le sort du programme nucléaire iranien importe plus pour les États-Unis que les souffrances du peuple Iraniens.
Par William Jean
Les années Leïla Shahid
Hommage 25 février 2026 abonné·es

Les années Leïla Shahid

Pendant plus de vingt ans, cette grande dame a incarné le combat des Palestiniens, à Paris et à Bruxelles, sans jamais abandonner les principes moraux qui étaient les siens.
Par Denis Sieffert
« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »
Entretien 25 février 2026 abonné·es

« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »

Christophe Blot, économiste à l’OFCE, spécialiste des États-Unis, explique pourquoi les plus modestes sont ceux qui, principalement, payent la hausse des tarifs douaniers brandie par Donald Trump.
Par Olivier Doubre
« Contre l’impérialisme, les aspirations décoloniales imaginent une autre Russie »
Entretien 23 février 2026

« Contre l’impérialisme, les aspirations décoloniales imaginent une autre Russie »

Quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’historienne Sabine Dullin livre un éclairage essentiel sur l’impérialisme russe, qui permet de comprendre le rapport de la Russie aux pays voisins mais également à ses propres minorités nationales.
Par Pauline Mussche