Une rentrée en trompe-l’œil
Revalorisations pour les enseignants, plan violence, écologie et handicap : Jean-Michel Blanquer joue l’apaisement mais continue d’imposer ses réformes libérales au pas de charge.
dans l’hebdo N° 1567 Acheter ce numéro

Jean-Michel Blanquer est rusé. Après le test raté de la « confiance » à la rentrée 2018, le ministre de l’Éducation a placé la rentrée 2019 sous le signe des « ressources humaines ». Objectif : calmer la colère des enseignants qui a jalonné la précédente année scolaire pour culminer en grèves de la surveillance et de la correction du bac en juin. Nombreux sont partis en vacances avec un nœud dans le ventre que seule, ou presque, la perspective de mobilisations à la rentrée promettait de dénouer. Jean-Michel Blanquer tente donc une autre approche : aucun recul sur les réformes (celle du bac s’appliquera dès la rentrée pour les élèves entrant en première), mais des mesures qui ambitionnent de désamorcer la grogne selon la stratégie « vous perdez sur tel plan mais vous gagnez sur tel autre ». Il a notamment appelé à « tourner la page de la crise du bac ».
Arrive en tête la volonté du ministre de « revaloriser la profession », ce qui passe en premier lieu par une augmentation moyenne du salaire annuel de 300 euros (laquelle avait été négociée et validée sous le quinquennat Hollande) et le doublement de la prime de 1 000 euros pour tous les personnels en réseau d’éducation prioritaire renforcée (REP+), sauf les assistants d’éducation, ce qui doit concerner environ 4 % des enseignants. Arrivent ensuite des mesures portant sur la scolarisation des enfants handicapés, la prise en compte des enjeux climatiques et le plan violence attendu depuis un an. Reste à vérifier si chacune coïncide avec les attentes des enseignants et des parents. Celle concernant le plan violence promet par exemple des exclusions rapides des « éléments perturbateurs »,