« La raison d’être de la police n’est pas enseignée »
L’ancien policier Jean-Michel Schlosser, devenu sociologue, plaide pour une formation des gardiens de la paix plus ouverte et se poursuivant tout au long de leur carrière.
dans l’hebdo N° 1613-1615 Acheter ce numéro

© PASCAL GUYOT/AFP
L ’intérêt bien compris d’une démocratie commande d’élever le niveau de la police et non de l’abaisser », déclarait en 1914 Célestin Hennion, préfet de police de Paris. Alors, que devrions-nous inculquer à nos policiers ? Pour Jean-Marie Schlosser, docteur en sociologie, la formation actuelle fait fausse route. Chercheur associé au Cerep et au Cesdip (1), il a soutenu une thèse sur la formation initiale et continue des policiers des années 1960 à aujourd’hui.
Jean-Marie Schlosser a lui-même été élève-policier, inspecteur, puis formateur en école pendant quatorze ans, avant de prendre sa retraite en 2014. Il déplore un manque d’ouverture des écoles de police, surtout aux sciences humaines. L’histoire, la philosophie et la sociologie – notamment de la délinquance et de la police – sont absentes des contenus pédagogiques. Au risque, pour les jeunes recrues, de sortir de ces établissements avec un esprit peu enclin à la nuance et réfractaire à l’autocritique… Et donc d’être mal préparés à la complexité du terrain.
La formation donne-t-elle aux futurs policiers une définition de leur rôle et de leur mission ?
Jean-Marie Schlosser : Non, il n’y a pas de définition claire du métier. Un peu chez les commissaires, peut-être, mais pas chez les gardiens et les officiers. Les formateurs leur présentent les différents services, mais la philosophie générale de la police n’est pas abordée. Nous devrions renforcer la formation à ce niveau, et aussi enseigner l’histoire de la police. Il y a eu quelques cours par-ci par-là certaines années, mais jamais de manière pérenne. En parallèle d’une présentation de la police,
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