Migrants en détresse

Pour les milliers de réfugiés du camp de Moria détruit par un incendie, sur l’île de Lesbos, la Grèce aménage un nouveau lieu qui s’annonce pire.

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Derrière les épais barbelés, une femme s’avance vers les journalistes en protégeant son visage du vent et de la poussière. Elle est placée en quarantaine avec d’autres familles testées positives au Covid-19 dans le nouveau camp d’urgence installé le long de la mer, entre le village de Panagiouda et la ville de Mytilène, après l’incendie du camp de Moria, qui a laissé 12 000 personnes sans abri. 214 cas de Covid-19 auraient déjà été détectés parmi les 9 000 réfugiés enregistrés depuis la semaine dernière.

Le 19 septembre, les autorités grecques ont organisé une visite rapide, un « press tour » destiné aux photographes et aux cameramen. Près de l’entrée principale, un car de police stationne et des policiers portant bouclier sont alignés. La visite du camp dure à peine dix minutes. Les journalistes sont incités à avancer et à ne pas s’approcher des barbelés. Impossible d’échanger avec les réfugiés et de se faire une idée précise des conditions de vie réelles dans le camp. Depuis les hauteurs, on peut observer que des centaines de tentes blanches marquées UNHCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) s’étendent sur le rivage. Pas un arbre pour apporter un peu d’ombre, elles sont exposées au soleil et au vent de la mer. De l’intérieur, les réfugiés témoignent par téléphone.

« Les conditions de vie sont très difficiles pour nous, explique Wakil, réfugié afghan de 28 ans, qui est arrivé dans le camp avec ses parents et sa sœur. Nous n’avons pas de douche, nous n’avons pas de bonnes toilettes ni d’eau pour faire la vaisselle ou nettoyer le linge. Nous recevons une seule portion de nourriture par jour. On se retrouve à vivre à trois familles par tente, soit dix ou onze personnes. Il n’y a pas d’intimité possible. C’est encore pire que Moria. » À l’extérieur, on voit des réfugiés entrer et sortir du camp, les sorties seraient donc autorisées pour le moment dans la journée. Une bonne nouvelle pour les réfugiés, qui redoutaient de se voir interdire toute liberté de mouvement. Impossible cependant de savoir si tout le monde bénéficie de ce droit.

Sur les 12 000 personnes restées sans abri après l’incendie du camp de Moria, près de 3 000 seraient encore dans la nature. Quelques familles ont trouvé refuge sous les oliviers près de l’ancien camp, l’ONG Team of Humanity hébergeait encore des dizaines de familles le 20 septembre. D’autres réfugiés se seraient enfuis dans la montagne et les villages alentour. Quelques-uns de ces rescapés du camp de Moria, vivant aujourd’hui dans la plus grande incertitude, nous ont livré leur témoignage.


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